Ces jours-ci, j'ai l'impression d'être dans les gradins de Wimbledon et d'entendre l'arbitre de chaise dire "Time!" sans arrêt. On en avait pas vraiment pris conscience, mais le temps s'était un peu arrêté le 19 juin dernier, avec la libération des écoliers.
L'été c'est un moment particulier, où certaines obligations s'arrêtent purement et simplement: l'école, le foot, le ménage, la lessive, le repassage, la cuisine... On profite du beau temps, on se laisse vivre, on oublie l'horloge. Bon, quand on est pas prof, faut quand même retourner au boulot de temps en temps, mais le rythme est différent. On prend le temps de ne rien faire, on boit l'apéro et on tape dans les chips sans scrupules. On se couche tard, on se lève tard et on s'en fiche. On se repose de tout ce qu'on ne fait pas. Et puis arrive le moment où l'arbitre crie "Time!"
Time! Les enfants, on charge le sac sur le dos et on y retourne. A 7h05 faut être parti pour ne pas rater le car. Hop hop hop, un bol de céréales, la douche et départ. Cette année, la rentrée était un peu spéciale: c'est la dernière année d'école obligatoire (11e) de l'ado, c'est le passage à la "grande ville" pour le préado (9e), c'est même le passage en 2e cycle (5e) pour Platinum. Finis les horaires écourtés des petits. Et je pense que c'est aussi la dernière fois où je suis allée dans la cour d'école le jour de la rentrée. Prise de scrupules, je me suis dit "non mais tu peux pas laisser ton petit aller en bus le jour de la rentrée, le bus est toujours vide, ça fait vraiment la maman qui s'en fout, et puis il pleut des cordes", alors j'ai pris la voiture et je l'ai amené; et en passant à l'arrêt du bus, celui-ci était déjà garé, il y avait 2 enfants dedans et un 3e qui allait y monter. Alors l'an prochain, c'est sans scrupules que je rejoindrai le clan des mères indignes, il semble que dans mon hameau, il compte déjà un effectif certain.
Quand tu as des enfants petits, la rentrée, c'est une sorte de moment magique, entre réjouissance et appréhension, une étape qu'il ne faut pas louper. Tu prends des photos, tu filmes, tu fais des petits signes et tu continues de murmurer des trucs à ton petit - et en articulant bien pour qu'il puisse lire sur tes lèvres s'il n'est plus à portée de voix. Ton gosse se retourne en ravalant ses larmes et te fait coucou 50 fois. Et puis un jour, ton enfant n'a juste plus besoin de toi. Un jour, tu es là, dans la cour, et tu te demandes un peu ce que tu y fais. Le cercle des copines-du-café-de-la-rentrée, en perpétuelle mutation, est en voie de désintégration. Il y a toujours des parents au café, mais ce ne sont plus ceux des camarades de tes enfants, ce sont ceux des petits qui viennent de franchir la porte les larmes aux yeux en se retournant et en faisant coucou 50 fois. Les grands n'ont plus besoin d'avoir leurs parents à la rentrée, les mamans augmentent leur temps de travail. L'an prochain, je resterai chez moi.
Time! Finies les soirées jeu ou télé, les devoirs ont repris. A caser entre le retour de l'école et l'entraînement de foot. Se familiariser avec son horaire pour profiter du fait qu'on a 3 jours pour le devoir d'allemand. Appeler maman pour qu'elle vienne aider au devoir de maths:
- Maman, les divisions de fractions, c'est déjà comment, je me souviens plus moi, ça fait aaaaaaaaaau moins 2 ans que j'ai pas fait.
- Euh moi ça doit faire dans les 25 ans, mais on va se débrouiller...
Et tu prends, tu retournes, tu simplifies, tu vérifies à la calculatrice que t'as pas complètement dit n'importe quoi. Tu te débrouilles. Mais tu demandes quand même "T'as pas plutôt besoin d'aide pour l'allemand?"
Time! Reprise des entraînements, donc reprise du taxi foot. La tronche du plan horaire des soirées fait 20 fois plus peur que le programme "2h de français, 2h de maths" du jeudi. Des entraînements tous les jours, qui débutent et se terminent parfois à 30 min d'écart, juste pour rire. Jonglage semestriel avec les horaires de bus, inscription à l'étude, répartition équitable des trajets entre le chauffeur numéro 1 et le chauffeur numéro 2, en tenant compte des obligations régulières et ponctuelles de chacun. Le jour où j'ai envie de postuler à un emploi de responsable RH, je pense que mon expérience dans la planification des ressources dans la catégorie "transport" de l'organisation familiale sera un atout incontestable.
Time! Reprise du sport. Hier, le coach a dit "les courbatures, c'est les muscles de demain". Vu mes douleurs ce matin, je devrais avoir le popotin de Jennifer Lopez sous peu. Je vous tiens au courant.
Time! Pour ce blog, auquel j'ai une fois de plus consacré trop peu de temps ces derniers mois. L'Etat du Valais m'offrant une matinée de plus sans enfant à occuper à partir de cette année, je compte bien en profiter pour écrire plus régulièrement :-) J'ai même inscrit une mention "écriture" dans un de mes plannings. Reste à voir si je suis aussi efficace à la réalisation qu'à la planification!
Bonne année scolaire à tous!
Ce blog c'est...
Un peu de tout, de moi, de nous... A lire, à sourire, à commenter et à partager!
mercredi 21 août 2019
lundi 6 mai 2019
Deux pour le prix d'un
Avoir des jumeaux, c'est difficile. Parce que quoi que tu fasses, tu dois toujours le faire pour deux. Donc fatalement, ça prend plus de temps, plus d'énergie, c'est plus dur. Les mamans de jumeaux sont donc des doubles wonderwomen. Je leur signifie ici toute mon admiration et leur transmets toutes mes félicitations. Mais je me dois quand même de rétablir une vérité qui leur est inconnue: être maman d'enfants rapprochés (disons 3 sur 5 ans - toute ressemblance avec un gang existant étant purement fortuite), c'est pas non plus la panacée. Attention! L'idée n'est pas de faire un concours pour déterminer qui a objectivement les difficultés les plus grandes à surmonter, mais juste de dire que ton utérus n'a pas besoin d'avoir été un haut lieu de cohabitation pour avoir quelques défis parentaux à affronter. En vrai, t'as même pas besoin d'en avoir 3 en 5 ans. Ni même d'en avoir 3. Si j'étais nullipare, je dirais même chapeau bas à toute femme qui a le courage de se lancer en toute innocence ou en toute ignorance dans la parentalité. Mais dans mon cas, ça ferait un peu prétentieux. Ou ça donnerait l'impression que je regrette. Que nenni. Mais facile, c'est pas.
Attention spoiler: la vie de famille ne s'assimile pas tous les jours à la mélodie du bonheur, avec des enfants parfaits qui courent dans la joie et la bonne humeur dans une verte prairie où paissent d'adorables licornes, avec des chants d'oiseaux en bruit de fond.
Déjà, chez nous, les vertes prairies, c'est généralement tondu à ras et orné de lignes blanches (cf. l'article Tribulations de maman foot). Quand t'as trois garçons, les licornes, tu oublies. Bon y a parfois (souvent?) des chèvres sur le terrain, mais z'ont pas quatre pattes.
Pour en revenir à la difficulté d'avoir des enfants rapprochés, ce qui est difficile c'est que dès que l'un sort d'une phase compliquée, le suivant y entre. Ca a commencé avec les couches: t'as pas le temps de te réjouir que ton premier-né trouve des avantages au pot que toi, tu es à nouveau occupée avec des fesses emplâtrées d'un truc jaunâtre à la consistance louche après chaque tétée du deuxième. Quand le deuxième arrête de s'esquinter les genoux 6 fois par semaine, c'est le numéro 3 qui refuse obstinément de lâcher ton doigt pour aller découvrir le monde et te laisser siroter ton apéro tranquille. Pareil pour les grasses mat' ou les poussées dentaires. Des fois, la simultanéité semble donc représenter un certain avantage. C'est double dose, mais ça dure moins longtemps. Et là, je signerais bien pour raccourcir un peu la période "âge bête", parce que si j'ai bien calculé, entre les 12 ans du premier et les 19 ans du 3e, on y aura consacré plus d'une décennie à cette histoire. La phase une étant déjà bien installée, on aimerait bien que la phase deux ne soit pas trop pressée de démarrer... Mais mes incantations ne sont pas entendues, et mes cheveux blanchissent déjà à l'idée qu'on va pas pouvoir couper à un troisième round, qui va débuter avant qu'on en ait totalement terminé avec le premier. Psychologiquement, c'est un peu quand tu as l'impression de souffrir depuis des heures et qu'une sage-femme te dit que tu es dilatée à 3: tu morfles déjà et pourtant t'as pas encore fait le tiers. Pis pas sûre que l'âge bête de ton 2e enfant ce soit comme sa naissance, plus facile et plus rapide parce que "le passage est fait".
Donc là, depuis quelques semaines que l'ado en pleine effervescence dont j'ai parlé précédemment semble connaître - contrairement à la météo - une période de léger redoux, le préado montre des signes de bouleversement hormonal. C'est encore plus troublant quand c'est à un enfant au caractère facile que ça arrive. Secrètement, je devais espérer que la malédiction hormonale glisse sur lui sans réussir à en prendre possession. Mais c'est loupé: il passe de l'agneau au loup, exprime l'injustice crasse de n'être ni l'aîné ni le petit dernier, alterne entre l'enfance insouciante où l'on ne pense qu'à jouer et l'adolescence ennuyée, blasée, déprimée et fatiguée où l'on ne décolle plus du canapé. Difficile de savoir à quel moment de la journée le vent va tourner. Ca surprend presque tout le temps. Un moment de parfaite harmonie fraternelle peut d'un claquement de doigts virer au drame familial, sous le coup de la crise existentielle de l'enfant brimé et mal aimé. Une sorte de réminiscence du Terrible Two, mais qui a tendance à énerver davantage parce qu'on avait l'impression jusqu'il y a peu d'avoir des échanges entre alter ego.
Heureusement, cette perception adolescente totalement arbitraire et souvent faussée nous vaut aussi de bons éclats de rire. Non parce qu'on en sort souvent des vertes et des pas mûres sur les femmes enceintes, mais un enfant affichant en principe toute la maturité de ses 12 ans qui fond soudain en larmes de n'avoir pas pu casser le lapin en chocolat, ça vaut bien quelques envies étranges. Je repense aussi à ce petit déj à l'hôtel où, piqué par je ne sais quelle mouche matinale, le préado revient à table, l'assiette vide en dépit du buffet 4 étoiles, clamant haut et fort qu'il y a "tout ici, sauf ce qu'on veut pour déjeuner". Pour l'instant les crises passent vite, il faudra voir si c'est un effet positif du caractère d'origine ou si c'est parce qu'on est en début de processus. Si c'est une question de caractère de base, il va en fait falloir profiter de la phase deux, parce qu'entre le numéro 1 plutôt taciturne et renfrogné de naissance et Platinum qui ne se caractérise pas franchement par son calme et son humeur égale, les sursauts hormonaux du préado risquent bien de représenter davantage une bouffée d'oxygène qu'un gros souci.
Mais si dans les prochaines semaines ça ne devient plus gérable, j'ai caché un ou deux lapins à casser en cas de crise. Pas pour lui donc, pour moi. A défaut de calmer les sautes d'humeur, autant assurer son taux de dopamine.
Attention spoiler: la vie de famille ne s'assimile pas tous les jours à la mélodie du bonheur, avec des enfants parfaits qui courent dans la joie et la bonne humeur dans une verte prairie où paissent d'adorables licornes, avec des chants d'oiseaux en bruit de fond.
Déjà, chez nous, les vertes prairies, c'est généralement tondu à ras et orné de lignes blanches (cf. l'article Tribulations de maman foot). Quand t'as trois garçons, les licornes, tu oublies. Bon y a parfois (souvent?) des chèvres sur le terrain, mais z'ont pas quatre pattes.
Pour en revenir à la difficulté d'avoir des enfants rapprochés, ce qui est difficile c'est que dès que l'un sort d'une phase compliquée, le suivant y entre. Ca a commencé avec les couches: t'as pas le temps de te réjouir que ton premier-né trouve des avantages au pot que toi, tu es à nouveau occupée avec des fesses emplâtrées d'un truc jaunâtre à la consistance louche après chaque tétée du deuxième. Quand le deuxième arrête de s'esquinter les genoux 6 fois par semaine, c'est le numéro 3 qui refuse obstinément de lâcher ton doigt pour aller découvrir le monde et te laisser siroter ton apéro tranquille. Pareil pour les grasses mat' ou les poussées dentaires. Des fois, la simultanéité semble donc représenter un certain avantage. C'est double dose, mais ça dure moins longtemps. Et là, je signerais bien pour raccourcir un peu la période "âge bête", parce que si j'ai bien calculé, entre les 12 ans du premier et les 19 ans du 3e, on y aura consacré plus d'une décennie à cette histoire. La phase une étant déjà bien installée, on aimerait bien que la phase deux ne soit pas trop pressée de démarrer... Mais mes incantations ne sont pas entendues, et mes cheveux blanchissent déjà à l'idée qu'on va pas pouvoir couper à un troisième round, qui va débuter avant qu'on en ait totalement terminé avec le premier. Psychologiquement, c'est un peu quand tu as l'impression de souffrir depuis des heures et qu'une sage-femme te dit que tu es dilatée à 3: tu morfles déjà et pourtant t'as pas encore fait le tiers. Pis pas sûre que l'âge bête de ton 2e enfant ce soit comme sa naissance, plus facile et plus rapide parce que "le passage est fait".
Donc là, depuis quelques semaines que l'ado en pleine effervescence dont j'ai parlé précédemment semble connaître - contrairement à la météo - une période de léger redoux, le préado montre des signes de bouleversement hormonal. C'est encore plus troublant quand c'est à un enfant au caractère facile que ça arrive. Secrètement, je devais espérer que la malédiction hormonale glisse sur lui sans réussir à en prendre possession. Mais c'est loupé: il passe de l'agneau au loup, exprime l'injustice crasse de n'être ni l'aîné ni le petit dernier, alterne entre l'enfance insouciante où l'on ne pense qu'à jouer et l'adolescence ennuyée, blasée, déprimée et fatiguée où l'on ne décolle plus du canapé. Difficile de savoir à quel moment de la journée le vent va tourner. Ca surprend presque tout le temps. Un moment de parfaite harmonie fraternelle peut d'un claquement de doigts virer au drame familial, sous le coup de la crise existentielle de l'enfant brimé et mal aimé. Une sorte de réminiscence du Terrible Two, mais qui a tendance à énerver davantage parce qu'on avait l'impression jusqu'il y a peu d'avoir des échanges entre alter ego.
Heureusement, cette perception adolescente totalement arbitraire et souvent faussée nous vaut aussi de bons éclats de rire. Non parce qu'on en sort souvent des vertes et des pas mûres sur les femmes enceintes, mais un enfant affichant en principe toute la maturité de ses 12 ans qui fond soudain en larmes de n'avoir pas pu casser le lapin en chocolat, ça vaut bien quelques envies étranges. Je repense aussi à ce petit déj à l'hôtel où, piqué par je ne sais quelle mouche matinale, le préado revient à table, l'assiette vide en dépit du buffet 4 étoiles, clamant haut et fort qu'il y a "tout ici, sauf ce qu'on veut pour déjeuner". Pour l'instant les crises passent vite, il faudra voir si c'est un effet positif du caractère d'origine ou si c'est parce qu'on est en début de processus. Si c'est une question de caractère de base, il va en fait falloir profiter de la phase deux, parce qu'entre le numéro 1 plutôt taciturne et renfrogné de naissance et Platinum qui ne se caractérise pas franchement par son calme et son humeur égale, les sursauts hormonaux du préado risquent bien de représenter davantage une bouffée d'oxygène qu'un gros souci.
Mais si dans les prochaines semaines ça ne devient plus gérable, j'ai caché un ou deux lapins à casser en cas de crise. Pas pour lui donc, pour moi. A défaut de calmer les sautes d'humeur, autant assurer son taux de dopamine.
mercredi 1 mai 2019
Sur un air de Berger
Y a comme un goût amer en nous
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout
Il y a ce nœud dans la gorge, qui remonte jusqu'au bord des yeux. À cause du calendrier, juste ça. À cause des souvenirs. 10 ans. Une éternité et un fragment de seconde tout à la fois.
10 ans qu'on n'entend plus ta voix, ton rire, et qu'on refuse de laisser leur souvenir s'estomper. Le deuil est un processus paradoxal où la volonté de voir la peine s'atténuer est en lutte constante avec la peur de l'oubli. Garder les bons moments mais oublier un peu quand même, la douleur, la peur, l'impuissance, le déchirement.
Y a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions
Qui ne tiennent pas debout
Aujourd'hui il faut des jolis souvenirs. Il faut entendre ton rire, revoir ton visage, se rappeler les moments partagés, les fêtes, ou ta fierté de devenir tonton. Se souvenir de ce jour où, accoudé à un bar, tu m'as dit "je crois que c'est Elle, je crois que c'est la bonne". Sans le savoir, tu avais trouvé Celle qui serait assez forte pour marcher à tes côtés et te soutenir, pour le meilleur et pour un pire bien trop prématuré.
Aujourd'hui beaucoup auront une pensée pour toi et l'envie de dire qu'on ne t'oublie pas. Tu es dans chaque coccinelle, dans chaque "heure des anges", dans chaque étoile de chaque ciel dégagé. Tu es là, invisible et pourtant si tangible pour qui a envie de sentir ta présence, et malgré l'amertume nous évoquons souvent une petite habitude, une mimique, un expression... Je crois quand même que "Du lachst, oder was?" aura du mal à passer à la postérité, il faut croire que le monde n'était pas prêt pour ta sublime traduction.
Aujourd'hui, j'ai envie de te dire regarde, on a tenu le coup. Tu nous as bien protégés, même si c'était parfois contre notre gré... Et puis, tu ne t'étais pas trompé, c'était Elle, Celle qu'il fallait pour porter votre famille à bout de bras après ton départ, pour élever ce fils qui a ton regard et cette puce qui sera aussi espiègle que son père, pour leur transmettre tout l'amour que tu aurais continué à leur donner. Mais au fond je crois que tout ça, tu le sais, tu le vois, que tu partages nos moments de joie et que quand l'un de nous perd pied, tu ne te gênes pas pour nous lancer de là-haut "Tu ris, ou quoi?"
Tu nous manques Seb.
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout
Il y a ce nœud dans la gorge, qui remonte jusqu'au bord des yeux. À cause du calendrier, juste ça. À cause des souvenirs. 10 ans. Une éternité et un fragment de seconde tout à la fois.
10 ans qu'on n'entend plus ta voix, ton rire, et qu'on refuse de laisser leur souvenir s'estomper. Le deuil est un processus paradoxal où la volonté de voir la peine s'atténuer est en lutte constante avec la peur de l'oubli. Garder les bons moments mais oublier un peu quand même, la douleur, la peur, l'impuissance, le déchirement.
Y a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions
Qui ne tiennent pas debout
Aujourd'hui il faut des jolis souvenirs. Il faut entendre ton rire, revoir ton visage, se rappeler les moments partagés, les fêtes, ou ta fierté de devenir tonton. Se souvenir de ce jour où, accoudé à un bar, tu m'as dit "je crois que c'est Elle, je crois que c'est la bonne". Sans le savoir, tu avais trouvé Celle qui serait assez forte pour marcher à tes côtés et te soutenir, pour le meilleur et pour un pire bien trop prématuré.
Évidemment
Évidemment
On danse encore
Sur les accords
Qu'on aimait tant
Évidemment
On danse encore
Sur les accords
Qu'on aimait tant
Aujourd'hui beaucoup auront une pensée pour toi et l'envie de dire qu'on ne t'oublie pas. Tu es dans chaque coccinelle, dans chaque "heure des anges", dans chaque étoile de chaque ciel dégagé. Tu es là, invisible et pourtant si tangible pour qui a envie de sentir ta présence, et malgré l'amertume nous évoquons souvent une petite habitude, une mimique, un expression... Je crois quand même que "Du lachst, oder was?" aura du mal à passer à la postérité, il faut croire que le monde n'était pas prêt pour ta sublime traduction.
Évidemment
Évidemment
On rit encore
Pour des bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant
Évidemment
On rit encore
Pour des bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant
Aujourd'hui, j'ai envie de te dire regarde, on a tenu le coup. Tu nous as bien protégés, même si c'était parfois contre notre gré... Et puis, tu ne t'étais pas trompé, c'était Elle, Celle qu'il fallait pour porter votre famille à bout de bras après ton départ, pour élever ce fils qui a ton regard et cette puce qui sera aussi espiègle que son père, pour leur transmettre tout l'amour que tu aurais continué à leur donner. Mais au fond je crois que tout ça, tu le sais, tu le vois, que tu partages nos moments de joie et que quand l'un de nous perd pied, tu ne te gênes pas pour nous lancer de là-haut "Tu ris, ou quoi?"
Tu nous manques Seb.
lundi 8 avril 2019
Tribulations de maman foot
Le foot, c'est fatiguant.
Je parle pas des 90 minutes, avec les quelques variations de durée rencontrées au fil de l'alphabet, j'ai jamais joué un match de ma vie. Mais j'ai trois garçons. Qui font du foot. Et des fois, ça me fatigue, mais alors d'une force...
28 buts encaissés pour 2 buts marqués. Ca fait 48h que je répète ce peu glorieux bilan du week-end de foot à qui veut l'entendre. C'est qu'un jeu, y a pas mort d'homme. N'empêche. Quand ton tout petit (bon OK, il a 11 ans et demi et des sursauts hormonaux qui laissent présager le pire pour les 7 ans à venir au moins, mais vu du bord du terrain devant son grand but, il est tout petit), gardien de son état, se fait fusiller pendant 3 x25 minutes tandis que les 8 braves qui portent les mêmes couleurs que lui n'arrivent pas à dépasser le milieu de terrain, ça fait un poil mal au coeur. Ca fait un poil froid aux feuilles et aux petons aussi, quand ça se passe le vendredi soir après la tombée du jour. C'est pas l'heure et quart qui marque le week-end de toute sa positivité quoi. Cela dit, 15 buts encaissés en 75 minutes, ça fait jamais qu'un but toutes les 5 minutes et quand même 60 minutes où il n'a rien encaissé. En vrai, le verre est donc à 4/5 plein, que demande le peuple?
Après, il y a le traditionnel match du samedi matin, parce que les plus petits, ils jouent presque systématiquement le samedi matin. Je pense que c'est parce que ceux qui font les calendriers, ils savent que les petits, ça fait pas la grasse mat, ça regarde pas Kho Lanta la veille, et ça ronchonne pas quand maman vient les lever un samedi à peine plus tard qu'un jour de semaine pour descendre au terrain. Ce samedi, normalement Platinum avait congé. Mais comme j'ai déjà de la peine à le faire dépenser son quota d'énergie quotidienne quand il a match, sans ça il est intenable (et du coup il cause deux fois plus), alors on l'a envoyé faire le nombre avec une autre équipe, même endroit, même heure. Pris 8 à 2. Un match de juniors E, 3e degré, des fois t'es déçu en bien. Des fois t'es pas déçu: y a une bonne dizaine de gamins sur les 14 en jeu qui courent derrière le ballon en mode essaim d'abeilles, 2 qui cueillent les pâquerettes qui ont échappé à la tondeuse automatique, un qui fait coucou à maman-qui-filme et un qui court dans le sens inverse de la marche. Vivement que Tintin nous ait posé son synthétique, on récupérera l'attention de 2 joueurs par match. En général y en a quand même un, souvent plus petit que les autres, qui court dans tous les sens, est sur tous les ballons et fait des trucs bizarres avec ses pieds, des trucs qui marchent. Et tu te dis que celui-là, c'est plutôt un que notre petit club régional va se faire tauper avant qu'il ait le temps de gravir les échelons alphabétiques. Bon le boueb survitaminé et plutôt agile (je précise que c'est pas le mien, qui ne sait pas faire aussi bon usage de son énergie intarissable), il a pas suffi sur ce coup-là. Donc 8 à 2. L'avantage du match du samedi matin, c'est que ça finit pile poil à l'heure de l'apéro et que si t'as des amis ou des parents dans l'enceinte, tu peux même boire un coup de blanc pour oublier la défaite (si t'es tout seul tu peux aussi, mais ça nuit un peu à ta réputation). Mais pas trop longtemps l'apéro, parce que le nombre de rounds est proportionnels au nombre de gamins que tu as. Donc à 12h faut être à la case pour récupérer l'ado-qui-a-match-plus-tard, mais dont l'entraîneur a jugé qu'il fallait manger ensemble pour la cohésion d'équipe (enfin j'imagine que c'est un truc comme ça) et qui, de ce fait, écourte donc ton apéro sans le moindre scrupule.
Alors tu rentres, tu poses un, tu ramasses l'autre, tu embarques deux copains en chemin, tu déposes chez Tonino pour les pâtes, et tu remontes signaler à ceux qui ont déjà eu leur match hebdomadaire que les linges n'ont pas une option d'auto-étendage et que les chaussures de foot qui puent des pieds sont toujours interdites de séjour dans la maison. T'avales un truc pas sain en vitesse et tu repars pour le dernier round.
Un match d'ados en filière sport-études, au niveau de l'intérêt footballistique, c'est mieux. Mais ça peut aussi partir en couille. Déjà, quand tu viens voir ton gamin, mais qu'il passe les 2/3 du match sur le banc, y a une pointe de frustration qui te parcourt les tripes. C'est pas grave en soi, c'est juste que si t'avais su, tu aurais peut-être retardé un peu ton départ pour le terrain. Quand on me dit "mais t'aimes le foot?", je réponds que j'aime surtout mes enfants. Donc s'ils faisaient de la lutte gréco-romaine, j'irais voir de la lutte gréco-romaine. Et je hante rarement les terrains de foot où je n'ai pas un enfant qui joue. Bref, 60 min à voir l'ado se rabougrir sur son banc avec son chasuble de remplaçant et à savoir que le samedi finirait probablement dans une ambiance aussi morne que celle du vendredi soir. Bon, là aussi, y a moyen de boire l'apéro après. Sauf que l'ambiance au bord du terrain n'est pas tout à fait aussi bon enfant que celle du matin, où les parents filment l'essaim d'abeilles. Là, c'est la "promotion de la relève", la future "élite". Alors les parents sont un poil tendus. Enfin sauf moi et mon fils en chasuble. Mais les esprits s'échauffent, parce qu'untel a fait une erreur, qu'untel autre a vendangé alors que l'ouverture du score semblait inratable. Et puis ça parle fort, ça se met à critiquer l'arbitre qui ne semble pas tout à fait objectif quand un Neymar en puissance hurle au scandale et obtient une faute, puis une autre, puis un pénalty... puis un deuxième pénalty... Pas de vidéo, juste un être humain, qui s'est peut-être planté, ou pas. Mais ça gueule salement, les noms d'oiseaux volent. Les parents se brouillent même entre eux, entre les plus fâchés et les plus tempérés, les deuxièmes essaient de calmer les premiers et se font insulter à leur tour. C'est à qui connaît le mieux le foot et à qui ferait mieux de se taire. C'était un derby, "notre" équipe a pris 5 à 0 et on avait même plus envie de boire l'apéro.
Après ce petit récit du week-end, peu de gens me reprocheront de dire que le foot, ça me fatigue. Peut-être même que sans le vouloir, j'apporte un peu d'eau au moulin de ceux qui le diabolisent, refusant obstinément que leur gosse s'abaisse à pratiquer ce sport. Alors je ne terminerai pas sans dire qu'en dépit de ce week-end un peu pourri, il y a aussi plein de chouettes moments de convivialité et de bonne humeur. Il y a surtout ces enfants qui demandent "tu viens me voir?" et s'assurent ensuite qu'on n'était pas trop pris par une conversation et qu'on n'a pas manqué l'action de la 24e minute ou le but marqué. Il y a des enfants, petits, moyens et grands qui sont dehors et qui font du sport, qui partagent des moments de vie, expérimentent les joies de la victoire et versent parfois des larmes de déception, qui prennent des coups et se relèvent, qui apprennent à vivre ensemble et qui ressortent grandis de chaque expérience. Ce n'est pas l'apanage du foot, mais ça en fait indubitablement partie. Alors non, je n'ai pas une passion irrépressible pour le ballon rond, et certains jours, j'en ai marre; mais je continuerai de faire le tour des terrains du Valais et d'ailleurs pour encourager mes enfants à poursuivre cette aventure.
Je parle pas des 90 minutes, avec les quelques variations de durée rencontrées au fil de l'alphabet, j'ai jamais joué un match de ma vie. Mais j'ai trois garçons. Qui font du foot. Et des fois, ça me fatigue, mais alors d'une force...
28 buts encaissés pour 2 buts marqués. Ca fait 48h que je répète ce peu glorieux bilan du week-end de foot à qui veut l'entendre. C'est qu'un jeu, y a pas mort d'homme. N'empêche. Quand ton tout petit (bon OK, il a 11 ans et demi et des sursauts hormonaux qui laissent présager le pire pour les 7 ans à venir au moins, mais vu du bord du terrain devant son grand but, il est tout petit), gardien de son état, se fait fusiller pendant 3 x25 minutes tandis que les 8 braves qui portent les mêmes couleurs que lui n'arrivent pas à dépasser le milieu de terrain, ça fait un poil mal au coeur. Ca fait un poil froid aux feuilles et aux petons aussi, quand ça se passe le vendredi soir après la tombée du jour. C'est pas l'heure et quart qui marque le week-end de toute sa positivité quoi. Cela dit, 15 buts encaissés en 75 minutes, ça fait jamais qu'un but toutes les 5 minutes et quand même 60 minutes où il n'a rien encaissé. En vrai, le verre est donc à 4/5 plein, que demande le peuple?
Après, il y a le traditionnel match du samedi matin, parce que les plus petits, ils jouent presque systématiquement le samedi matin. Je pense que c'est parce que ceux qui font les calendriers, ils savent que les petits, ça fait pas la grasse mat, ça regarde pas Kho Lanta la veille, et ça ronchonne pas quand maman vient les lever un samedi à peine plus tard qu'un jour de semaine pour descendre au terrain. Ce samedi, normalement Platinum avait congé. Mais comme j'ai déjà de la peine à le faire dépenser son quota d'énergie quotidienne quand il a match, sans ça il est intenable (et du coup il cause deux fois plus), alors on l'a envoyé faire le nombre avec une autre équipe, même endroit, même heure. Pris 8 à 2. Un match de juniors E, 3e degré, des fois t'es déçu en bien. Des fois t'es pas déçu: y a une bonne dizaine de gamins sur les 14 en jeu qui courent derrière le ballon en mode essaim d'abeilles, 2 qui cueillent les pâquerettes qui ont échappé à la tondeuse automatique, un qui fait coucou à maman-qui-filme et un qui court dans le sens inverse de la marche. Vivement que Tintin nous ait posé son synthétique, on récupérera l'attention de 2 joueurs par match. En général y en a quand même un, souvent plus petit que les autres, qui court dans tous les sens, est sur tous les ballons et fait des trucs bizarres avec ses pieds, des trucs qui marchent. Et tu te dis que celui-là, c'est plutôt un que notre petit club régional va se faire tauper avant qu'il ait le temps de gravir les échelons alphabétiques. Bon le boueb survitaminé et plutôt agile (je précise que c'est pas le mien, qui ne sait pas faire aussi bon usage de son énergie intarissable), il a pas suffi sur ce coup-là. Donc 8 à 2. L'avantage du match du samedi matin, c'est que ça finit pile poil à l'heure de l'apéro et que si t'as des amis ou des parents dans l'enceinte, tu peux même boire un coup de blanc pour oublier la défaite (si t'es tout seul tu peux aussi, mais ça nuit un peu à ta réputation). Mais pas trop longtemps l'apéro, parce que le nombre de rounds est proportionnels au nombre de gamins que tu as. Donc à 12h faut être à la case pour récupérer l'ado-qui-a-match-plus-tard, mais dont l'entraîneur a jugé qu'il fallait manger ensemble pour la cohésion d'équipe (enfin j'imagine que c'est un truc comme ça) et qui, de ce fait, écourte donc ton apéro sans le moindre scrupule.
Alors tu rentres, tu poses un, tu ramasses l'autre, tu embarques deux copains en chemin, tu déposes chez Tonino pour les pâtes, et tu remontes signaler à ceux qui ont déjà eu leur match hebdomadaire que les linges n'ont pas une option d'auto-étendage et que les chaussures de foot qui puent des pieds sont toujours interdites de séjour dans la maison. T'avales un truc pas sain en vitesse et tu repars pour le dernier round.
Un match d'ados en filière sport-études, au niveau de l'intérêt footballistique, c'est mieux. Mais ça peut aussi partir en couille. Déjà, quand tu viens voir ton gamin, mais qu'il passe les 2/3 du match sur le banc, y a une pointe de frustration qui te parcourt les tripes. C'est pas grave en soi, c'est juste que si t'avais su, tu aurais peut-être retardé un peu ton départ pour le terrain. Quand on me dit "mais t'aimes le foot?", je réponds que j'aime surtout mes enfants. Donc s'ils faisaient de la lutte gréco-romaine, j'irais voir de la lutte gréco-romaine. Et je hante rarement les terrains de foot où je n'ai pas un enfant qui joue. Bref, 60 min à voir l'ado se rabougrir sur son banc avec son chasuble de remplaçant et à savoir que le samedi finirait probablement dans une ambiance aussi morne que celle du vendredi soir. Bon, là aussi, y a moyen de boire l'apéro après. Sauf que l'ambiance au bord du terrain n'est pas tout à fait aussi bon enfant que celle du matin, où les parents filment l'essaim d'abeilles. Là, c'est la "promotion de la relève", la future "élite". Alors les parents sont un poil tendus. Enfin sauf moi et mon fils en chasuble. Mais les esprits s'échauffent, parce qu'untel a fait une erreur, qu'untel autre a vendangé alors que l'ouverture du score semblait inratable. Et puis ça parle fort, ça se met à critiquer l'arbitre qui ne semble pas tout à fait objectif quand un Neymar en puissance hurle au scandale et obtient une faute, puis une autre, puis un pénalty... puis un deuxième pénalty... Pas de vidéo, juste un être humain, qui s'est peut-être planté, ou pas. Mais ça gueule salement, les noms d'oiseaux volent. Les parents se brouillent même entre eux, entre les plus fâchés et les plus tempérés, les deuxièmes essaient de calmer les premiers et se font insulter à leur tour. C'est à qui connaît le mieux le foot et à qui ferait mieux de se taire. C'était un derby, "notre" équipe a pris 5 à 0 et on avait même plus envie de boire l'apéro.
Après ce petit récit du week-end, peu de gens me reprocheront de dire que le foot, ça me fatigue. Peut-être même que sans le vouloir, j'apporte un peu d'eau au moulin de ceux qui le diabolisent, refusant obstinément que leur gosse s'abaisse à pratiquer ce sport. Alors je ne terminerai pas sans dire qu'en dépit de ce week-end un peu pourri, il y a aussi plein de chouettes moments de convivialité et de bonne humeur. Il y a surtout ces enfants qui demandent "tu viens me voir?" et s'assurent ensuite qu'on n'était pas trop pris par une conversation et qu'on n'a pas manqué l'action de la 24e minute ou le but marqué. Il y a des enfants, petits, moyens et grands qui sont dehors et qui font du sport, qui partagent des moments de vie, expérimentent les joies de la victoire et versent parfois des larmes de déception, qui prennent des coups et se relèvent, qui apprennent à vivre ensemble et qui ressortent grandis de chaque expérience. Ce n'est pas l'apanage du foot, mais ça en fait indubitablement partie. Alors non, je n'ai pas une passion irrépressible pour le ballon rond, et certains jours, j'en ai marre; mais je continuerai de faire le tour des terrains du Valais et d'ailleurs pour encourager mes enfants à poursuivre cette aventure.
vendredi 11 janvier 2019
Plein l'(a)dos
13 ans. Jamais aimé cet âge. Je me souviens de l'appareil dentaire, des problèmes de peau et de ce vague sentiment de nager entre deux eaux. Du coup je pensais être en mesure de comprendre, de réagir le plus adéquatement possible. De ne pas être une maman d'ado qui parle d' '"âge bête". Foutaises! On est tous passés par là, mais ça ne nous rend pas plus aptes à gérer quand on est dans l'autre camp. J'ai l'impression de savoir ce qu'il ne faut pas dire, mais bon sang, qu'est-ce que j'ai envie de le dire quand même!
Je me souviens aussi comme j'en ai soupé, quand j'étais maman-d'enfants-en-bas-âge, du dicton "petits enfants, petits soucis, grands enfants, grands soucis". Franchement, quand tu dors 4 heures discontinues de la nuit pour te faire uriner/vomir/hurler dessus par un petit être diabolique, tu te dis que ça ne peut décemment qu'aller en s'arrangeant. Détrompe-toi. Désolée, mais là aussi, je suis passée dans l'autre camp. Celui où ton souci n'est plus de savoir jusqu'à quelle heure tu vas pouvoir dormir, mais d'espérer (prier? rêver?) que ton rejeton trouve ce qu'il va faire de sa VIE. Et ça, crois-moi, c'est fichtrement plus angoissant. Non, parce qu'un ado, c'est pas un être humain normal. Un ado, ça n'a pas d'envies, de passions, de motivation à se lever le matin. Ca a besoin de temps pour pousser, tranquille, dans son coin, et quand tu l'as bien laissé faire, tu te retrouves à commander des chaussures sur Z*** dans des tailles même trop grandes pour le chef de clan, des pantalons de training parce que la seule motivation qui subsiste ça reste le sport, et des pulls à capuche parce que de toute façon si tu tentes de planquer autre chose dans son armoire en douce, ça y restera jusqu'à ce que ça ne lui aille plus. Donc non seulement ça file des cheveux blancs, mais en plus ça coûte un bras et demi, parce qu'une fois qu'il te dépasse, tu te fais une raison sur le fait d'arrêter de cliquer sur l'onglet "Enfants" avant d'entamer tes recherches sur les sites de vente en ligne.
Je me plains par principe (et suite à une prise de bec pré-choix professionnel), tout en mesurant ma chance d'avoir un ado qui bosse encore à l'école et qui a quand même un semblant de début d'idée de ce qu'il va faire de sa peau dans les années à venir. La vérité, c'est surtout que les enfants grandissent et que s'ils prennent moins de place au niveau jouets (et je ne profite pas encore totalement de cet avantage, Platinum ayant décidé, du haut de ses 8 ans, qu'il était encore bien trop petit pour cesser d'envahir le salon avec des Playmobils), ils en prennent de plus en plus dans l'organisation familiale. A chaque étape de leur vie, ils s'affirment en tant que personnes ayant leurs activités, leur vie, leurs amis, leurs obligations, et force est de constater qu'en tant que parents, nous ne pouvons plus les traîner partout et devons aussi nous adapter... Ils gagnent en autonomie, mais en habitant dans un endroit mal desservi par les transports publics, autonomie rime aussi souvent avec taxi. (Vous la sentez, là, la déprime qui sous-tend due à la réception du "planning" foot du printemps, printemps qui commence par des matchs de préparation LE 2 FEVRIER??)
L'adolescent est un interlocuteur difficile, non seulement parce qu'il n'a pas franchement envie de parler (en tout cas le nôtre), mais aussi parce que face à cette boule d'hormones, il n'a jamais été aussi compliqué de trouver le juste milieu entre la compréhension et les reproches, le laxisme et l'autoritarisme, la tolérance et l'intransigeance. Être parent d'un adolescent, c'est plus que jamais se remettre en question sur l'adéquation de ses réactions, sur le bien-fondé des règles établies. C'est marcher en permanence sur l'arête d'une montagne, avec sur votre droite l'option "vous avez été trop cool, votre ado est certes très heureux de son confort, mais il va en profiter pour rien glander de sa vie/devenir dépendant aux jeux vidéo/arrêter sa formation avant la fin/faire des crasses avec ses copains désoeuvrés/finir en prison/vivre à vos crochets jusqu'à 45 ans" et sur votre gauche "votre enfant a certes été bien éduqué, mais c'est un être brimé, meurtri, qui en fait vous déteste". L'aptitude d'un ado à vous faire croire que vous allez tomber vers la gauche est considérable.
Et puis il y a la société et le monde 2.0 qui ne nous aident pas forcément à trouver les options adéquates. Les fast-foods poussent comme des champignons, mais il ne faut pas céder à la malbouffe; faut boire de l'eau du robinet, bon y a un chouïa d'arsenic dedans (mais l'arsenic ça débouche aussi bien les tuyaux que le coca?); les écrans c'est tabou, on en viendra tous à bout, mais "tu t'inscriras à la séance d'information directement sur le site", "l'heure du rendez-vous sera précisée par Whatsapp" etc. Et dans ce tourbillon d'informations contradictoires, nous autres parents, on essaie d'élever des enfants qui arrivent à se débrouiller dans ce monde-là sans tomber dans ses travers.
Voilà où en était mon dernier article-brouillon-depuis des lustres et demi. Et il serait peut-être (sûrement?) resté à l'état de brouillon encore quelques semaines/mois/années si je n'étais pas tombée sur un article d'une autre blogueuse disant que "fait vaut mieux que parfait" (et que vous pouvez retrouver là: https://fabuleusesaufoyer.com/fait-vaut-mieux-que-parfait/?fbclid=IwAR1p0xg3gjw7U0kYIIxe148VuNfojMBdcMwgDzivuQCBYdL8F7Lsd17G1KI)
. Alors il n'était pas très abouti, cet article, il est né et il a poussé étape par étape, mais au moins il est là, et ce soir, ça me fait plaisir de le publier.
Entre le moment où je l'ai commencé et ce 11 janvier, le temps a passé. Beaucoup de temps. Trop sans doute. On a changé d'année. Alors publier des articles imparfaits sera peut-être la seule résolution que je tiendrai, mais je vais essayer. Faut aussi que je pense à changer le titre du blog. Je sais pas comment elle sera, la quarantaine, mais elle s'en vient, alors si vous avez des idées...
Je me souviens aussi comme j'en ai soupé, quand j'étais maman-d'enfants-en-bas-âge, du dicton "petits enfants, petits soucis, grands enfants, grands soucis". Franchement, quand tu dors 4 heures discontinues de la nuit pour te faire uriner/vomir/hurler dessus par un petit être diabolique, tu te dis que ça ne peut décemment qu'aller en s'arrangeant. Détrompe-toi. Désolée, mais là aussi, je suis passée dans l'autre camp. Celui où ton souci n'est plus de savoir jusqu'à quelle heure tu vas pouvoir dormir, mais d'espérer (prier? rêver?) que ton rejeton trouve ce qu'il va faire de sa VIE. Et ça, crois-moi, c'est fichtrement plus angoissant. Non, parce qu'un ado, c'est pas un être humain normal. Un ado, ça n'a pas d'envies, de passions, de motivation à se lever le matin. Ca a besoin de temps pour pousser, tranquille, dans son coin, et quand tu l'as bien laissé faire, tu te retrouves à commander des chaussures sur Z*** dans des tailles même trop grandes pour le chef de clan, des pantalons de training parce que la seule motivation qui subsiste ça reste le sport, et des pulls à capuche parce que de toute façon si tu tentes de planquer autre chose dans son armoire en douce, ça y restera jusqu'à ce que ça ne lui aille plus. Donc non seulement ça file des cheveux blancs, mais en plus ça coûte un bras et demi, parce qu'une fois qu'il te dépasse, tu te fais une raison sur le fait d'arrêter de cliquer sur l'onglet "Enfants" avant d'entamer tes recherches sur les sites de vente en ligne.
Je me plains par principe (et suite à une prise de bec pré-choix professionnel), tout en mesurant ma chance d'avoir un ado qui bosse encore à l'école et qui a quand même un semblant de début d'idée de ce qu'il va faire de sa peau dans les années à venir. La vérité, c'est surtout que les enfants grandissent et que s'ils prennent moins de place au niveau jouets (et je ne profite pas encore totalement de cet avantage, Platinum ayant décidé, du haut de ses 8 ans, qu'il était encore bien trop petit pour cesser d'envahir le salon avec des Playmobils), ils en prennent de plus en plus dans l'organisation familiale. A chaque étape de leur vie, ils s'affirment en tant que personnes ayant leurs activités, leur vie, leurs amis, leurs obligations, et force est de constater qu'en tant que parents, nous ne pouvons plus les traîner partout et devons aussi nous adapter... Ils gagnent en autonomie, mais en habitant dans un endroit mal desservi par les transports publics, autonomie rime aussi souvent avec taxi. (Vous la sentez, là, la déprime qui sous-tend due à la réception du "planning" foot du printemps, printemps qui commence par des matchs de préparation LE 2 FEVRIER??)
L'adolescent est un interlocuteur difficile, non seulement parce qu'il n'a pas franchement envie de parler (en tout cas le nôtre), mais aussi parce que face à cette boule d'hormones, il n'a jamais été aussi compliqué de trouver le juste milieu entre la compréhension et les reproches, le laxisme et l'autoritarisme, la tolérance et l'intransigeance. Être parent d'un adolescent, c'est plus que jamais se remettre en question sur l'adéquation de ses réactions, sur le bien-fondé des règles établies. C'est marcher en permanence sur l'arête d'une montagne, avec sur votre droite l'option "vous avez été trop cool, votre ado est certes très heureux de son confort, mais il va en profiter pour rien glander de sa vie/devenir dépendant aux jeux vidéo/arrêter sa formation avant la fin/faire des crasses avec ses copains désoeuvrés/finir en prison/vivre à vos crochets jusqu'à 45 ans" et sur votre gauche "votre enfant a certes été bien éduqué, mais c'est un être brimé, meurtri, qui en fait vous déteste". L'aptitude d'un ado à vous faire croire que vous allez tomber vers la gauche est considérable.
Et puis il y a la société et le monde 2.0 qui ne nous aident pas forcément à trouver les options adéquates. Les fast-foods poussent comme des champignons, mais il ne faut pas céder à la malbouffe; faut boire de l'eau du robinet, bon y a un chouïa d'arsenic dedans (mais l'arsenic ça débouche aussi bien les tuyaux que le coca?); les écrans c'est tabou, on en viendra tous à bout, mais "tu t'inscriras à la séance d'information directement sur le site", "l'heure du rendez-vous sera précisée par Whatsapp" etc. Et dans ce tourbillon d'informations contradictoires, nous autres parents, on essaie d'élever des enfants qui arrivent à se débrouiller dans ce monde-là sans tomber dans ses travers.
Voilà où en était mon dernier article-brouillon-depuis des lustres et demi. Et il serait peut-être (sûrement?) resté à l'état de brouillon encore quelques semaines/mois/années si je n'étais pas tombée sur un article d'une autre blogueuse disant que "fait vaut mieux que parfait" (et que vous pouvez retrouver là: https://fabuleusesaufoyer.com/fait-vaut-mieux-que-parfait/?fbclid=IwAR1p0xg3gjw7U0kYIIxe148VuNfojMBdcMwgDzivuQCBYdL8F7Lsd17G1KI)
. Alors il n'était pas très abouti, cet article, il est né et il a poussé étape par étape, mais au moins il est là, et ce soir, ça me fait plaisir de le publier.
Entre le moment où je l'ai commencé et ce 11 janvier, le temps a passé. Beaucoup de temps. Trop sans doute. On a changé d'année. Alors publier des articles imparfaits sera peut-être la seule résolution que je tiendrai, mais je vais essayer. Faut aussi que je pense à changer le titre du blog. Je sais pas comment elle sera, la quarantaine, mais elle s'en vient, alors si vous avez des idées...
mardi 14 novembre 2017
La valse des anniversaires
Je crois que ça fait des années que je promets cet article à qui veut l'entendre chaque fois que je termine les anniversaires de l'année au sein du gang et qu'arrivent les mois d'octobre et novembre, saison "baby-boom", peut-être l'effet St-Valentin, je sais pas. Toujours est-il qu'à peine je tourne la page "mercredi après-midi avec une flopée de bambins copains de Platinum" que les trois colonnes de droite de mon agenda familial se remplissent inlassablement d'invitations les mercredis, samedis, et parfois même dimanches ou soirées après l'école.
Tant que ton petit a 3-4 ans, tu peux gérer. Une petite fête de famille pour marquer le coup et voilà. Et puis un jour, ton enfant va à l'école. Il a des copains. Enfin il avait déjà des copains avant, mais c'était principalement les enfants de tes copines, des copains contextuels quoi. Dès qu'il va à l'école, il agrandit son cercle, et y ajoute - fait non négligeable - des enfants que tu ne connais pas, avec des parents que tu ne connais pas. Et là ça devient compliqué. En première année, si comme moi tu as la chance d'avoir engendré entre août et octobre, tu peux prétexter qu'il ne connaît pas encore bien ses camarades et te contenter d'amener un gâteau en classe, dont la maîtresse gérera au mieux la distribution, les miettes et les fourchettes-catapultes. L'enfant est heureux. Mais pas longtemps. Au fil de l'année, les petits camarades nés plus tard commenceront à envoyer des invitations pour un goûter chez eux. Avec un peu de bol, le tien ne remarquera pas qu'il n'y a pas eu droit. Au pire tu lui expliques que les anniversaires avec effet rétroactif, ça n'existe pas. C'est toujours une année de gagnée.
Comme dans de nombreux domaines, les anniversaires sont l'occasion pour les mamans de voir un peu comment ça se passe chez les autres et parfois, hélas, de céder à une espèce de compétition. Quand tu pars du principe que pour un anniversaire, 1h30 et un goûter avec 5-6 copains dans ta salle à manger sont tout à fait satisfaisants et que ton mioche se retrouve invité à des fêtes avec château gonflable, spectacle de clown et bricolage-proposé-par-une-professionnelle avec un budget digne d'un mariage, des fois tu te sens un peu mal... Comme quand les enfants grandissent et se voient proposer des activités de plus en plus recherchées et de plus en plus onéreuses. J'ai vu que même le simulateur de chute libre indoor proposait un forfait anniversaire pour la modique somme de 699.-. Non mais sérieusement?! Je comprends qu'on cède à l'appel de l'anniversaire à l'extérieur (j'y ai d'ailleurs cédé parfois aussi), par commodité ou par envie, mais 700 balles????
Donc chez nous, c'est plutôt goûter d'1h30 avec 5-6 copains. Avec l'expérience, j'arrive à prolonger la durée sans que ma maison finisse comme la plaine de Waterloo. Et au fil des ans, je m'aguerris. J'ai donné dans la chasse au trésor, avec un certain succès. Dans le tournoi multi-sports, façon JO. Dans le tournoi de jeux de société, même, un jour où la météo de juin n'était pas vraiment de notre côté. J'ai très vite oublié le bricolage, les dragons en pots de petits suisses auront définitivement prouvé que je ne suis pas passée à côté d'une vocation de maîtresse d'Activités créatrices et manuelles. Et puis petit à petit, j'ai réalisé qu'à un anniversaire, les enfants ont souvent juste envie qu'on leur fiche la paix. Alors je me contente de donner quelques tuyaux: quand lesgarçons agités se mettent au foot, je sors les craies pour goudron pour les filles plus calmes. Pareil pour le goûter, au début, prise dans un enthousiasme maternel débordant d'esthétisme et de bonne volonté, tu fais un beau et délicieux gâteau. Oublie. A 9-10 ans, tu files des chips et des pop corns et ils sont ravis. Cette année, Platinum a eu le privilège de la fontaine à chocolat. Piégeux. J'avais dit plus jamais après la première tentative pour l'anniversaire de Blondinet II. Mais cette fois, Dieu sait comment, j'ai réussi à éviter les écueils du chocolat qui ne coule pas assez, de l'approvisionnement qui ne suit pas et des bananes nappées de chocolat volantes.
Mais occuper les monstres et leur filer un truc à manger, ce n'est que la pointe de l'iceberg. La plus grande difficulté, c'est la résistance. Mentale et acoustique. Comme il y a plein d'enfants que tu ne connais pas, tu ne sais pas d'avance qui va jouer quel rôle. Mais il y aura forcément celui qui braille, par plaisir ou par habitude, celui qui casse tout (faut lui filer les Kappla, indestructible!), celui qui se fera taper par un autre, celui qui viendra t'expliquer que son copain s'est fait taper par un autre. Et puis il y a toujours celui qui veut être ton ami. Enfin c'est plus souvent des filles, je sais pas si c'est parce que je suis une fille aussi. Mais j'ai pas l'habitude, moi, d'avoir une pimprenelle qui reste près de moi et me raconte qu'à l'anniversaire de sa cousine Britanny, il y avait aussi une fontaine à chocolat, que pendant les vacances d'été, au mayen de tante Suzette, il y avait un chat comme le nôtre qui avait des petits et que la dernière fois qu'elle a mangé des fraises Tagada, elle a eu mal au ventre après. Il n'y a qu'un rôle qui revient toujours à la même personne: le rôle de tyran. Celui-là, c'est toujours ton gamin, c'est-à-dire l'heureux jubilaire, qui a bien intégré le fait que c'était "sa" journée et qu'il était le roi de la fête. Du coup, il subit une espèce de mutation inexplicable, et de l'enfant plutôt sympa, jovial et presque obéissant qu'il est d'habitude, il se transforme en moutard odieux, qui ne veut pas faire le jeu que tu as proposé alors que les invités tapent dans leurs mains d'enthousiasme. Il fait le paon devant ses camarades, ce qui t'insupporte au plus haut point mais tu peux pas (trop) le punir vu que c'est sa fête, et du coup il en profite, s'amuse à entraîner les autres sur la pente abrupte des bêtises en cascade, devient mauvais perdant ET mauvais gagnant, et tu finis par te demander si ses copains ne vont pas simplement regretter d'être venus et toi, tu regrettes amèrement de ne pas avoir une paire de parents qui vienne le chercher à 16h30, lui aussi. J'ai d'ailleurs proposé un jour à des copines que chacune organise l'anniversaire d'un autre enfant plutôt que celui de son rejeton, comme ça, une fois la journée éprouvante terminée, on se débarrasserait du tyran pour n'avoir plus qu'à gérer un petit invité un minimum civilisé.
Bref, après un après-midi d'anniversaire, quand tout le monde est parti et que ton parquet est empreint de taches grasses non identifiées, que ton salon ressemble à un cimetière de ballons de baudruche et la salle à manger un champ de cotillons, tu te rends compte qu'en fait, si l'organisation des anniversaires est une compétition, elle ne se juge pas au budget ou à l'originalité: c'est pas "Maman a un incroyable talent"; non, c'est The Island: tout ce qui compte, c'est de survivre sans appeler la prod pour qu'on te sorte de là avant l'heure.
Comme dit en début d'article, nombreuses sont les mamans qui doivent relever le défi, la succession des invitations aimantées sur le tableau d'affichage en témoigne... et chaque invit est elle aussi un nouveau défi: pour 2h de tranquillité où une autre supportera ton enfant et ses camarades, il va falloir trouver un cadeau! Au premier anniversaire auquel est invité ton premier enfant, t'es pleine de bonne volonté, tu cherches une idée adaptée, originale, le budget te semble secondaire... Quand tu alignes 13 anniversaires en 6 semaines, tous blondinets confondus, tu passes de la boîte de Lego au bon cadeau, puis au paquet de bonbons. Le pire, c'est quand ton gosse rentre avec plus de choses qu'il n'en a amenées. Je lance sérieusement un appel, les mamans: arrêtez de faire des cadeaux aux invités, j'ai pas assez de place pour des tasses souvenirs au nom de vos marmots dans mes buffets! Idem pour les sachets de bonbons et autres cochonneries, pendant la durée de la fête, donnez toutes les friandises que vous voulez, mais aucun besoin de prolonger le moment de débauche, de retour à la maison ça sera pommes grenades et légumes verts et c'est moi qui vais devoir vider le sachet en cachette! Je me permets l'appel d'une part parce que vos enfants repartiront bredouilles de chez nous, eux, (et donc que je serais plus à l'aise que mes enfants rentrent bredouilles eux aussi) et d'autre part parce que j'ai remarqué, en m'excusant de cette indélicatesse auprès des parents qui venaient rechercher leur bouèbe, que la plupart étaient du même avis que moi, mais avaient sans doute bien trop peur de passer pour des pingres s'ils mettaient un terme à la tradition du sachet.
Bref, chères mamans, je profite de cet article pour vos féliciter de votre résilience et pour vous transmettre mon mot d'ordre: haro sur le sachet!
Tant que ton petit a 3-4 ans, tu peux gérer. Une petite fête de famille pour marquer le coup et voilà. Et puis un jour, ton enfant va à l'école. Il a des copains. Enfin il avait déjà des copains avant, mais c'était principalement les enfants de tes copines, des copains contextuels quoi. Dès qu'il va à l'école, il agrandit son cercle, et y ajoute - fait non négligeable - des enfants que tu ne connais pas, avec des parents que tu ne connais pas. Et là ça devient compliqué. En première année, si comme moi tu as la chance d'avoir engendré entre août et octobre, tu peux prétexter qu'il ne connaît pas encore bien ses camarades et te contenter d'amener un gâteau en classe, dont la maîtresse gérera au mieux la distribution, les miettes et les fourchettes-catapultes. L'enfant est heureux. Mais pas longtemps. Au fil de l'année, les petits camarades nés plus tard commenceront à envoyer des invitations pour un goûter chez eux. Avec un peu de bol, le tien ne remarquera pas qu'il n'y a pas eu droit. Au pire tu lui expliques que les anniversaires avec effet rétroactif, ça n'existe pas. C'est toujours une année de gagnée.
Comme dans de nombreux domaines, les anniversaires sont l'occasion pour les mamans de voir un peu comment ça se passe chez les autres et parfois, hélas, de céder à une espèce de compétition. Quand tu pars du principe que pour un anniversaire, 1h30 et un goûter avec 5-6 copains dans ta salle à manger sont tout à fait satisfaisants et que ton mioche se retrouve invité à des fêtes avec château gonflable, spectacle de clown et bricolage-proposé-par-une-professionnelle avec un budget digne d'un mariage, des fois tu te sens un peu mal... Comme quand les enfants grandissent et se voient proposer des activités de plus en plus recherchées et de plus en plus onéreuses. J'ai vu que même le simulateur de chute libre indoor proposait un forfait anniversaire pour la modique somme de 699.-. Non mais sérieusement?! Je comprends qu'on cède à l'appel de l'anniversaire à l'extérieur (j'y ai d'ailleurs cédé parfois aussi), par commodité ou par envie, mais 700 balles????
Donc chez nous, c'est plutôt goûter d'1h30 avec 5-6 copains. Avec l'expérience, j'arrive à prolonger la durée sans que ma maison finisse comme la plaine de Waterloo. Et au fil des ans, je m'aguerris. J'ai donné dans la chasse au trésor, avec un certain succès. Dans le tournoi multi-sports, façon JO. Dans le tournoi de jeux de société, même, un jour où la météo de juin n'était pas vraiment de notre côté. J'ai très vite oublié le bricolage, les dragons en pots de petits suisses auront définitivement prouvé que je ne suis pas passée à côté d'une vocation de maîtresse d'Activités créatrices et manuelles. Et puis petit à petit, j'ai réalisé qu'à un anniversaire, les enfants ont souvent juste envie qu'on leur fiche la paix. Alors je me contente de donner quelques tuyaux: quand les
Mais occuper les monstres et leur filer un truc à manger, ce n'est que la pointe de l'iceberg. La plus grande difficulté, c'est la résistance. Mentale et acoustique. Comme il y a plein d'enfants que tu ne connais pas, tu ne sais pas d'avance qui va jouer quel rôle. Mais il y aura forcément celui qui braille, par plaisir ou par habitude, celui qui casse tout (faut lui filer les Kappla, indestructible!), celui qui se fera taper par un autre, celui qui viendra t'expliquer que son copain s'est fait taper par un autre. Et puis il y a toujours celui qui veut être ton ami. Enfin c'est plus souvent des filles, je sais pas si c'est parce que je suis une fille aussi. Mais j'ai pas l'habitude, moi, d'avoir une pimprenelle qui reste près de moi et me raconte qu'à l'anniversaire de sa cousine Britanny, il y avait aussi une fontaine à chocolat, que pendant les vacances d'été, au mayen de tante Suzette, il y avait un chat comme le nôtre qui avait des petits et que la dernière fois qu'elle a mangé des fraises Tagada, elle a eu mal au ventre après. Il n'y a qu'un rôle qui revient toujours à la même personne: le rôle de tyran. Celui-là, c'est toujours ton gamin, c'est-à-dire l'heureux jubilaire, qui a bien intégré le fait que c'était "sa" journée et qu'il était le roi de la fête. Du coup, il subit une espèce de mutation inexplicable, et de l'enfant plutôt sympa, jovial et presque obéissant qu'il est d'habitude, il se transforme en moutard odieux, qui ne veut pas faire le jeu que tu as proposé alors que les invités tapent dans leurs mains d'enthousiasme. Il fait le paon devant ses camarades, ce qui t'insupporte au plus haut point mais tu peux pas (trop) le punir vu que c'est sa fête, et du coup il en profite, s'amuse à entraîner les autres sur la pente abrupte des bêtises en cascade, devient mauvais perdant ET mauvais gagnant, et tu finis par te demander si ses copains ne vont pas simplement regretter d'être venus et toi, tu regrettes amèrement de ne pas avoir une paire de parents qui vienne le chercher à 16h30, lui aussi. J'ai d'ailleurs proposé un jour à des copines que chacune organise l'anniversaire d'un autre enfant plutôt que celui de son rejeton, comme ça, une fois la journée éprouvante terminée, on se débarrasserait du tyran pour n'avoir plus qu'à gérer un petit invité un minimum civilisé.
Bref, après un après-midi d'anniversaire, quand tout le monde est parti et que ton parquet est empreint de taches grasses non identifiées, que ton salon ressemble à un cimetière de ballons de baudruche et la salle à manger un champ de cotillons, tu te rends compte qu'en fait, si l'organisation des anniversaires est une compétition, elle ne se juge pas au budget ou à l'originalité: c'est pas "Maman a un incroyable talent"; non, c'est The Island: tout ce qui compte, c'est de survivre sans appeler la prod pour qu'on te sorte de là avant l'heure.
Comme dit en début d'article, nombreuses sont les mamans qui doivent relever le défi, la succession des invitations aimantées sur le tableau d'affichage en témoigne... et chaque invit est elle aussi un nouveau défi: pour 2h de tranquillité où une autre supportera ton enfant et ses camarades, il va falloir trouver un cadeau! Au premier anniversaire auquel est invité ton premier enfant, t'es pleine de bonne volonté, tu cherches une idée adaptée, originale, le budget te semble secondaire... Quand tu alignes 13 anniversaires en 6 semaines, tous blondinets confondus, tu passes de la boîte de Lego au bon cadeau, puis au paquet de bonbons. Le pire, c'est quand ton gosse rentre avec plus de choses qu'il n'en a amenées. Je lance sérieusement un appel, les mamans: arrêtez de faire des cadeaux aux invités, j'ai pas assez de place pour des tasses souvenirs au nom de vos marmots dans mes buffets! Idem pour les sachets de bonbons et autres cochonneries, pendant la durée de la fête, donnez toutes les friandises que vous voulez, mais aucun besoin de prolonger le moment de débauche, de retour à la maison ça sera pommes grenades et légumes verts et c'est moi qui vais devoir vider le sachet en cachette! Je me permets l'appel d'une part parce que vos enfants repartiront bredouilles de chez nous, eux, (et donc que je serais plus à l'aise que mes enfants rentrent bredouilles eux aussi) et d'autre part parce que j'ai remarqué, en m'excusant de cette indélicatesse auprès des parents qui venaient rechercher leur bouèbe, que la plupart étaient du même avis que moi, mais avaient sans doute bien trop peur de passer pour des pingres s'ils mettaient un terme à la tradition du sachet.
Bref, chères mamans, je profite de cet article pour vos féliciter de votre résilience et pour vous transmettre mon mot d'ordre: haro sur le sachet!
jeudi 13 avril 2017
(Dé)génération?
Depuis quelque temps, une pub fait l'éloge de la "Génération Aldi". Je ne sais pas bien ce que c'est. Cette génération, donc, la marque de supermarchés low cost allemande, elle, je la cerne assez bien. Je n'ai pas spécialement d'atomes crochus avec ses bacs où tout est en vrac, mais bon, ça c'est personnel. Pis j'avoue que je vais parfois chercher des bottes de pluie taille 34 dans un bac parce que j'ai vu passer le dépliant (et que belle-maman m'en parle toutes les semaines). Ce matin, j'ai tout à coup réalisé que sur le container de triage du PET et autres piles du centre commercial avec lequel j'ai un peu plus d'atomes crochus, il y avait aussi cette revendication: "Génération M" (je vous laisse deviner la couleur du M). Euuuuh?? Depuis quand une génération se définit par l'endroit où elle fait ses courses? Admettons que la génération M, elle recycle, voilà qui me convient déjà mieux. Même si c'est ballot de se reconnaître dans le container de triage, ça me parle un peu plus le réchauffement climatique et la nécessite de faire qqch, la tendance aux courses "en vrac" armée de tupperwares et de bocaux en verre au lieu de dévaliser les rayons où le poids des emballages est sans le moindre doute supérieur à celui des denrées que l'on souhaite vraiment acheter.
L'autre jour (vu ma réactivité de blogueuse actuelle, "l'autre jour", c'était en 2016, mais c'est un détail), dans un texte à traduire, ils parlaient de la "Génération selfie". Là je comprends, je n'adhère pas, mais je comprends. Disons que même si on le regrette, il s'agit là d'un phénomène de mode plutôt récent qui va de pair avec l'évolution technologique et numérique. Je ne me reconnais pas davantage dans cette génération-là, la fréquence de changement de ma photo de profil sur les réseaux sociaux en témoigne. Du coup je me suis demandé de quelle génération j'étais, au juste, enfin nous étions, nous autres trentenaires-plutôt-sur-le-point-d'en-sortir (de la trentaine, s'entend), qui ne changeons pas de photo de profil sauf si nous changeons de profil (ou de face). Alphabétiquement parlant, on est la génération X. Entre les baby-boomers et la génération Y. On est bien avancés. On peut pas dire que ceux qui ont décidé de coller des lettres aux générations se soient beaucoup mouillés.
Telles étaient mes réflexions en janvier donc (quand j'ai cru que j'allais avoir du temps pour écrire). Et la réponse m'est apparue dans le reflet d'une coupe en argent. Et si je me remets aujourd'hui à l’œuvre pour finir enfin cet article, c'est parce que j'ai un peu de temps pour écrire, mais c'est surtout qu'un trophée en cristal (ou un truc transparent qui doit coûter plus cher qu'un vase à fleur Ikea, du moins) me l'a rappelé l'autre dimanche soir peu avant 21h, GMT +1 (heure d'été). 15h à Miami. Moi, je suis de la génération Federer. Je ne sais pas si le "zéro déchet" sauvera la planète du réchauffement climatique. Je ne sais pas quel monsieur avec un nom en -on succédera à Flamby à la tête de la France (ça sera de toute façon moins pire que si c'est une madame avec un nom en -haine). Je ne sais pas si un jour les médias arrêteront de nous saouler avec les "affaires" et si les campagnes politiques retrouveront un peu de bon sens au lieu de jouer dans la même catégorie que "Touche pas à mon poste", ailleurs, et ici. Je ne sais pas ce que nous réservent les prochaines années, décennies. A priori, on va tous continuer dans la même direction, y en a pas beaucoup qui rajeuniront, n'en déplaise aux liftés et bo-toxiques. Mais quoi qu'il advienne, nous - vous, plus moi, plus tous ceux qui le veulent - on pourra toujours dire: "A notre époque, il y avait Federer". Ca sauvera à jamais notre génération. Celle de nos enfants, peut-être. La société a besoin d'icônes, de modèles. Mais quand je vois que Nabilla dédicace au Salon du Livre (!!!!!) - enfin prend des selfies avec son "public", voire enregistre des vidéos de dédicaces qu'ils pourront "snapchater" - je trouve rassurant d'avoir, en première page du journal du matin, un type qui n'a pas surgi d'une quelconque émission de téléréalité, un type qui avait un certain don au départ, c'est certain, mais qui est aussi là où il est grâce au travail et à la persévérance. Un type qui gère sa vie et sa carrière sans scandales, sans trop étaler sa vie ni trop la cacher, sans fausse modestie ni vantardise... Un type qui incarne la réussite, sans les coups d'éclat qui trop souvent l'accompagnent. Un modèle, un vrai.
J'ai stoppé là cet article juste après le Masters de Miami, rattrapée une fois de plus par des blondinets à amener au foot, une dictée à faire ou du linge à étendre. Mais depuis, mon héros a de nouveau fait parler de lui sur la Toile, la première fois parce qu'il taquinait la balle sur la Limmat avec son pote rouquin dégingandé (clin d'oeil à mes lecteurs écossais-même-par-alliance) pour promouvoir un match exhibition en faveur de l'Afrique - durant lequel il a échangé des balles avec un ramasseur qui n'a pas encore de poil au menton et qui n'est sûrement pas prêt de s'en remettre. Ca fait oublier même aux esprits les plus chagrins que les primes des tennismans durant les tournois n'ont pas de bon sens (comme les salaires des footeux et de bien d'autres, du reste).
La deuxième fois, c'était une interview menée par Darius, sans chichi (si vous l'avez manquée, elle est là: https://www.rts.ch/play/tv/lactu-en-video/video/roger-federerjai-toujours-envie-detre-numero-un?id=8536246 ). Roger, the guy next door, qui rame pour faire récupérer le décalage horaire à ses gosses au retour des USA et se fait vomir dessus quand un de ses quatre rejetons a la gastro. Et ce gars-là, il rit, il s'amuse, il a encore envie de jouer, il a encore envie de gagner. Il profite de la vie, il est heureux.
La troisième fois, il planquait des lapins dans un hôpital et partait à la rencontre des enfants malades. OK c'est une marque de chocolat qui fait sa promo. Mais n'empêche que des gamins ont eu des étoiles dans les yeux et des oreilles à croquer. Que celui qui a quelque chose à dire contre cet homme parle maintenant ou se taise à jamais.
Cette année (et elle est encore longue) plus que jamais, "Rodgeur" nous a fait rire, nous a fait pleurer, a fait rêver toute une génération. Pourvu que ça dure.
L'autre jour (vu ma réactivité de blogueuse actuelle, "l'autre jour", c'était en 2016, mais c'est un détail), dans un texte à traduire, ils parlaient de la "Génération selfie". Là je comprends, je n'adhère pas, mais je comprends. Disons que même si on le regrette, il s'agit là d'un phénomène de mode plutôt récent qui va de pair avec l'évolution technologique et numérique. Je ne me reconnais pas davantage dans cette génération-là, la fréquence de changement de ma photo de profil sur les réseaux sociaux en témoigne. Du coup je me suis demandé de quelle génération j'étais, au juste, enfin nous étions, nous autres trentenaires-plutôt-sur-le-point-d'en-sortir (de la trentaine, s'entend), qui ne changeons pas de photo de profil sauf si nous changeons de profil (ou de face). Alphabétiquement parlant, on est la génération X. Entre les baby-boomers et la génération Y. On est bien avancés. On peut pas dire que ceux qui ont décidé de coller des lettres aux générations se soient beaucoup mouillés.
Telles étaient mes réflexions en janvier donc (quand j'ai cru que j'allais avoir du temps pour écrire). Et la réponse m'est apparue dans le reflet d'une coupe en argent. Et si je me remets aujourd'hui à l’œuvre pour finir enfin cet article, c'est parce que j'ai un peu de temps pour écrire, mais c'est surtout qu'un trophée en cristal (ou un truc transparent qui doit coûter plus cher qu'un vase à fleur Ikea, du moins) me l'a rappelé l'autre dimanche soir peu avant 21h, GMT +1 (heure d'été). 15h à Miami. Moi, je suis de la génération Federer. Je ne sais pas si le "zéro déchet" sauvera la planète du réchauffement climatique. Je ne sais pas quel monsieur avec un nom en -on succédera à Flamby à la tête de la France (ça sera de toute façon moins pire que si c'est une madame avec un nom en -haine). Je ne sais pas si un jour les médias arrêteront de nous saouler avec les "affaires" et si les campagnes politiques retrouveront un peu de bon sens au lieu de jouer dans la même catégorie que "Touche pas à mon poste", ailleurs, et ici. Je ne sais pas ce que nous réservent les prochaines années, décennies. A priori, on va tous continuer dans la même direction, y en a pas beaucoup qui rajeuniront, n'en déplaise aux liftés et bo-toxiques. Mais quoi qu'il advienne, nous - vous, plus moi, plus tous ceux qui le veulent - on pourra toujours dire: "A notre époque, il y avait Federer". Ca sauvera à jamais notre génération. Celle de nos enfants, peut-être. La société a besoin d'icônes, de modèles. Mais quand je vois que Nabilla dédicace au Salon du Livre (!!!!!) - enfin prend des selfies avec son "public", voire enregistre des vidéos de dédicaces qu'ils pourront "snapchater" - je trouve rassurant d'avoir, en première page du journal du matin, un type qui n'a pas surgi d'une quelconque émission de téléréalité, un type qui avait un certain don au départ, c'est certain, mais qui est aussi là où il est grâce au travail et à la persévérance. Un type qui gère sa vie et sa carrière sans scandales, sans trop étaler sa vie ni trop la cacher, sans fausse modestie ni vantardise... Un type qui incarne la réussite, sans les coups d'éclat qui trop souvent l'accompagnent. Un modèle, un vrai.
J'ai stoppé là cet article juste après le Masters de Miami, rattrapée une fois de plus par des blondinets à amener au foot, une dictée à faire ou du linge à étendre. Mais depuis, mon héros a de nouveau fait parler de lui sur la Toile, la première fois parce qu'il taquinait la balle sur la Limmat avec son pote rouquin dégingandé (clin d'oeil à mes lecteurs écossais-même-par-alliance) pour promouvoir un match exhibition en faveur de l'Afrique - durant lequel il a échangé des balles avec un ramasseur qui n'a pas encore de poil au menton et qui n'est sûrement pas prêt de s'en remettre. Ca fait oublier même aux esprits les plus chagrins que les primes des tennismans durant les tournois n'ont pas de bon sens (comme les salaires des footeux et de bien d'autres, du reste).
La deuxième fois, c'était une interview menée par Darius, sans chichi (si vous l'avez manquée, elle est là: https://www.rts.ch/play/tv/lactu-en-video/video/roger-federerjai-toujours-envie-detre-numero-un?id=8536246 ). Roger, the guy next door, qui rame pour faire récupérer le décalage horaire à ses gosses au retour des USA et se fait vomir dessus quand un de ses quatre rejetons a la gastro. Et ce gars-là, il rit, il s'amuse, il a encore envie de jouer, il a encore envie de gagner. Il profite de la vie, il est heureux.
La troisième fois, il planquait des lapins dans un hôpital et partait à la rencontre des enfants malades. OK c'est une marque de chocolat qui fait sa promo. Mais n'empêche que des gamins ont eu des étoiles dans les yeux et des oreilles à croquer. Que celui qui a quelque chose à dire contre cet homme parle maintenant ou se taise à jamais.
Cette année (et elle est encore longue) plus que jamais, "Rodgeur" nous a fait rire, nous a fait pleurer, a fait rêver toute une génération. Pourvu que ça dure.
Inscription à :
Articles (Atom)