Voilà ce qu'affirmait un sondage paru dans le Femina au printemps passé. Ce qui peut être perçu comme une bonne nouvelle pour tous ceux qui sont nés en l'an de grâce 1982. Ou plus tard. Ceux-là ont soit une belle année à savourer, soit la réjouissance de voir arriver le bonheur à plus ou moins long terme. Pour les autres, désolée, sortez les mouchoirs, vous êtes "data". Tout de suite moins sympa, le sondage. M'est d'avis que Femina risque de perdre quelques lecteurs. Ou pas. Parce que je suis moi-même dans le camp des data du bonheur; pourtant j'ouvre toujours le magazine le dimanche matin.
Il est tout de même légitime de s'interroger sur la nature du panel interrogé pour ce sondage. Je sais pas vous, mais moi les 52 dimanches matins qu'a comptés ma 33e année, lorsque j'entrouvrais l’œil droit et me retournais en feignant de n'avoir entendu ni les sauts de cabri de Blondinet Ier et de Blondinet II sur le parquet du rez, ni les appels insistants de Blondinet III à l'étage inférieur, je ne me sentais pas spécialement enviée par ma progéniture. Il me semble que les mômes, ils ont fichtrement moins de soucis que nous, quand même. C'est vrai, quand tu en vois un déguisé en Peter Pan, luttant contre un Capitaine Crochet imaginaire, l'autre dégustant le 12e bonbon du sachet reçu à l'anniversaire dont il vient de rentrer et le 3e fredonnant "Au clair de la lune" en faisant des aller-retour sur une petite voiture en plastique, tu te dis que leur degré de bonheur ne doit pas être très éloigné de l'apogée où toi, du haut de tes 33 ans, tu es censé te trouver. S'ils n'ont pas la satisfaction d'une vie bien posée, ils ont une insouciance qui semble des plus enviable. Conclusion: Femina n'avait pas interrogé les 0-8 ans pour son sondage.
Toujours est-il que le bonheur est finalement une notion subjective, si ce n'est pas carrément une vision de l'esprit. Tandis que le schéma métro-boulot-dodo conjugué à l'image enfants-maison-chien apparaîtra à certains comme le cauchemar ultime et le signe tangible de la fin de la jeunesse, il semblera à d'autres être simplement le symbole de la stabilité, de la sécurité, de ce que finalement tout adulte posé cherche à obtenir. Et le bonheur dans tout ça? Comment le définir? On sait tous que l'argent ne le fait pas... Mais ne manquer de rien contribue quand même à supprimer les frustrations. On sait tous que le bonheur absolu n'existe pas non plus. Le bonheur global se compose d'une multitude de petits bonheurs, de moments privilégiés où l'on ne se dit pas "si seulement".
Si tu es attentif, Ô lecteur, et si en plus te me connais hors cadre virtuel, tu sais que je n'ai plus 33 ans depuis belle lurette. La vérité, c'est qu'en cet après-midi ensoleillé de fin avril 2015 (je précise, au cas où Blogger me jouerait un mauvais coup et publierait la date à laquelle j'ai vraiment commencé cet article), cherchant désespérément une énième bonne excuse pour me détourner de mes documents ouverts et "à traduire" (pour un total de 326 pages), j'ai cliqué un peu par hasard sur le lien de mon blog. J'y ai trouvé 16 articles, dont 3 au statut de brouillon. J'ai vu la date de ma dernière publication: 23 avril 2014. J'ai entendu ma belle-sœur, qui, un jour de neige, m'a laissé entendre qu'elle était revenue sur mon blog et que ça ne débordait pas d'activité. J'ai eu honte, non plus de ma fainéantise momentanée face à mon volume de travail, mais de mon "oubli" de faire quelque chose que j'aime tant, et depuis si longtemps. Ecrire. J'ai réfléchi un peu, à ce que j'avais envie d'écrire. Des trucs plutôt drôles. Des trucs plutôt pas. Un peu de tout, finalement. Et tourmentée par ce joyeux foutoir cérébral, j'ai cliqué sur l'un des brouillons et suis retombée sur le délire des 33 ans. Cela fait maintenant quelques mois que je suis plus près des 40 que des 30. Je ne me sens toujours pas moins heureuse qu'à 33. Je m'habitue aux pattes d'oie au coin des yeux. Le bonheur, on peut le trouver dans le chant d'un oiseau à 6h du matin, un rayon de soleil taquin qui vient nous chatouiller les orteils qui dépassent de la couette (oui oui, tu lis bien, 6h et des brouettes en avril, chez moi c'est un peu le Japon du Valais). Dans une tulipe qui s'ouvre pour prendre son bain de chaleur et se referme au couchant. Dans le fumet de l'herbe fraîchement coupée ou de la côte de bœuf sur le barbecue. De même, on peut avoir tout ça sous les yeux et tout d'un coup, ne plus réussir à le voir. On peut être agacé par un enfant qui rit parce qu'on a un besoin irrépressible de silence. On peut se mettre à crier ou à pleurer sans raison. On peut ne plus trouver d'énergie pour se lever le matin et simplement vivre la vie qu'on a pourtant choisie. On peut ne plus avoir d'envies, de rêves, de plaisirs, sans même savoir pourquoi, et ça peut faire mal. Des causes, il y en a, bien sûr, le travail, la fatigue, les soucis du quotidien, le mode de vie du 21e siècle. Et peut-être surtout le fait de s'oublier au milieu de tout ça, en tant qu'être humain, avec ses forces mais aussi avec ses faiblesses, à force de vouloir renvoyer l'image d'un super-héros présent sur tous les fronts. Les super-héros, ça se prend parfois les pieds dans la cape.
Alors cet après-midi, même si certains ne comprendront peut-être pas que je trouve le temps d'écrire tout ça tandis que mon dossier à traiter déborde, je fais la sourde oreille au gyrophare virtuel qui tourne dans mon échéancier pour me rappeler que je suis à la bourre et que je vais vraiment finir par être en retard, et je me fais une petite piqûre de rappel, histoire d'aider un peu ma cape à flotter au vent. Je laisse de côté le travail, la fatigue, les soucis du quotidien, et j'écris. Parce qu'on est jamais aussi heureux que dans les moments où on fait ce qu'on aime vraiment.
Ce blog c'est...
Un peu de tout, de moi, de nous... A lire, à sourire, à commenter et à partager!
vendredi 24 avril 2015
mercredi 23 avril 2014
L'inexorable transhumance des playmobils
Note de Blagueuse: Suite à la lecture tout à l'heure d'un whatsapp en manque de blog, je me décide à publier ce brouillon, qui traînait sur mon compte blogger. Il n'est pas forcément achevé, il n'est pas forcément actuel, mais parmi les articles que je commence sans avoir le temps de les terminer (ce qui m'arrive malheureusement bien trop souvent), je me suis dit que c'est celui qui plairait sans doute le plus à l'auteur du message révolutionnaire réclamant quelques lignes à se mettre sous la dent.
Ils sont encore remontés. Sur le moment, j'ai eu du mal à le croire: après avoir fait les escaliers dans tous les sens 150 fois pour ramener au bon étage les jouets des enfants, les vêtements "moyen sales" traînant sur un dossier de chaise, les vêtements propres et repassés prêts à ranger, la pommade à bobo utilisée le matin, etc., j'étais sûre que tout était à sa place, la maison rangée et propre, me laissant l'esprit tranquille pour me plonger sans états d'âme dans mon bouquin, avec la satisfaction du devoir de ménagère accompli. Et puis tout-à-coup je les ai vus sur le bord du lavabo. A l'insu de mon plein gré s'était encore déroulée l'inexorable transhumance des playmobils.
Je suis génétiquement bordélique. C'est dramatique. Je me soigne. Mais certains jours je me dis que c'est une fatalité, qu'à chasser le naturel il reviendra forcément galopant comme un fringant étalon. Pleine de bonne volonté, je tente parfois de réprimer ma tendance maladive à poser les choses à l'endroit où je me trouve plutôt que d'aller les ramener à leur place. Et parfois je me fais une raison. Ma maison ne sera jamais un endroit où il n'y a pas de "papiers à trier/ranger/jeter" sur le buffet. Pas d'emballage de goûter abandonné par un blondinet sur le plan de travail de la cuisine. Pas de jouets par terre tentant d'aller se cacher sous le canapé. Pas d'aspirateur qui attende sagement de faire une dernière pièce-qu'on-a-pas-eu-le-temps-de-faire-tout-de-suite avant de retourner dans son armoire. Pas de corbeille de linge à repasser. Pas de corbeille de linge repassé prêt à ranger non plus. Pas de table à repasser qui est restée dehors parce que de toute façon le temps qu'on ait fini le repassage, la lessive de la semaine suivante est déjà en cours et ça vaut plus la peine ranger l'amie Laura (Star).
Dans une certaine mesure, j'envie les femmes qui ont toujours l'air de n'avoir aucune tâche ménagère en cours. Pas de journal du jour précédent dans lequel il est essentiel qu'on découpe une petite annonce ou qu'on montre une photo à Pierre ou Paul (même si on sait pertinemment que quand on reverra Pierre ou Paul, on oubliera forcément de lui montrer la photo). Pas de paquets de pâtes entamé sur l'étagère de la cuisine, parce qu'il n'y avait plus assez de boîtes métalliques pour héberger la 7e variété de pâtes. Soit ces femmes-là ont plus de boîtes métalliques que moi, soit elles ne cèdent pas à la tentation des "farfalle" tant qu'elles ont un paquet de cornettes, un paquet de fusilli et un paquet de penne rigate ouverts.
Toutefois, l'avantage quand on est bordélique, c'est qu'on voit la différence quand on range. Je me dis que le maniaque, quand il range, il la voit pas, ça me réchauffe le coeur. Ca vaut pour le ménage en général d'ailleurs, le maniaque ne doit éprouver que le quart de ma satisfaction quand il a fini de faire ses vitres, parce que moi, avant de les faire, je ne voyais plus la fumée de la cheminée de mon voisin (oui, d'accord, le feu de cheminée n'est pas spécialement de saison, mais je m'amuse pas à faire mes vitres en ce moment de toute façon, il fait trop chaud). Autrement dit, la maniaquerie du maniaque lui ôte un nombre incalculable de petits plaisirs. Les vitres à travers lesquelles on voit. Les draps frais avec leur parfum d'adoucissant. La lessive pliée et repassée répartie en jolis tas (et pour 5 personnes, autant vous dire que ça prend toute la table de la salle à manger). Bref, tous ces petits moments qui donnent le sentiment du travail bien fait. Sentiment qui est limité si tu changes les draps alors qu'ils n'ont même pas eu le temps de perdre leur parfum ou que tu repasses le contenu de chaque machine avant de lancer la suivante. CQFD, le maniaque se prive d'instants de grâce.
Il n'y aura donc personne pour me faire culpabiliser de mon bordélisme. De toute façon, dès qu'une visite est annoncée, je passe en mode rangement super efficace; les 5 dernières minutes avant l'arrivée des invités, je passe carrément en mode "planquons ce qui dépasse". Pour ce qui ne peut être planqué, j'opte pour l'affirmation, sur un ton détaché: "une maison est faite pour vivre, pas pour être nettoyée", leitmotiv illusoire du bordélique refoulé.
Pour couronner le tout, les bordéliques ne marient pas des maniaques et les chiens ne font pas des chats: autrement dit, non contente de lutter contre ma nature profonde, j'assume aussi celle de mes quatre mâles. Pour le coup j'en trouverais presque ma maison étincelante. Presque. Et seulement tant que personne ne passe à l'improviste boire un café!
Ils sont encore remontés. Sur le moment, j'ai eu du mal à le croire: après avoir fait les escaliers dans tous les sens 150 fois pour ramener au bon étage les jouets des enfants, les vêtements "moyen sales" traînant sur un dossier de chaise, les vêtements propres et repassés prêts à ranger, la pommade à bobo utilisée le matin, etc., j'étais sûre que tout était à sa place, la maison rangée et propre, me laissant l'esprit tranquille pour me plonger sans états d'âme dans mon bouquin, avec la satisfaction du devoir de ménagère accompli. Et puis tout-à-coup je les ai vus sur le bord du lavabo. A l'insu de mon plein gré s'était encore déroulée l'inexorable transhumance des playmobils.
Je suis génétiquement bordélique. C'est dramatique. Je me soigne. Mais certains jours je me dis que c'est une fatalité, qu'à chasser le naturel il reviendra forcément galopant comme un fringant étalon. Pleine de bonne volonté, je tente parfois de réprimer ma tendance maladive à poser les choses à l'endroit où je me trouve plutôt que d'aller les ramener à leur place. Et parfois je me fais une raison. Ma maison ne sera jamais un endroit où il n'y a pas de "papiers à trier/ranger/jeter" sur le buffet. Pas d'emballage de goûter abandonné par un blondinet sur le plan de travail de la cuisine. Pas de jouets par terre tentant d'aller se cacher sous le canapé. Pas d'aspirateur qui attende sagement de faire une dernière pièce-qu'on-a-pas-eu-le-temps-de-faire-tout-de-suite avant de retourner dans son armoire. Pas de corbeille de linge à repasser. Pas de corbeille de linge repassé prêt à ranger non plus. Pas de table à repasser qui est restée dehors parce que de toute façon le temps qu'on ait fini le repassage, la lessive de la semaine suivante est déjà en cours et ça vaut plus la peine ranger l'amie Laura (Star).
Dans une certaine mesure, j'envie les femmes qui ont toujours l'air de n'avoir aucune tâche ménagère en cours. Pas de journal du jour précédent dans lequel il est essentiel qu'on découpe une petite annonce ou qu'on montre une photo à Pierre ou Paul (même si on sait pertinemment que quand on reverra Pierre ou Paul, on oubliera forcément de lui montrer la photo). Pas de paquets de pâtes entamé sur l'étagère de la cuisine, parce qu'il n'y avait plus assez de boîtes métalliques pour héberger la 7e variété de pâtes. Soit ces femmes-là ont plus de boîtes métalliques que moi, soit elles ne cèdent pas à la tentation des "farfalle" tant qu'elles ont un paquet de cornettes, un paquet de fusilli et un paquet de penne rigate ouverts.
Toutefois, l'avantage quand on est bordélique, c'est qu'on voit la différence quand on range. Je me dis que le maniaque, quand il range, il la voit pas, ça me réchauffe le coeur. Ca vaut pour le ménage en général d'ailleurs, le maniaque ne doit éprouver que le quart de ma satisfaction quand il a fini de faire ses vitres, parce que moi, avant de les faire, je ne voyais plus la fumée de la cheminée de mon voisin (oui, d'accord, le feu de cheminée n'est pas spécialement de saison, mais je m'amuse pas à faire mes vitres en ce moment de toute façon, il fait trop chaud). Autrement dit, la maniaquerie du maniaque lui ôte un nombre incalculable de petits plaisirs. Les vitres à travers lesquelles on voit. Les draps frais avec leur parfum d'adoucissant. La lessive pliée et repassée répartie en jolis tas (et pour 5 personnes, autant vous dire que ça prend toute la table de la salle à manger). Bref, tous ces petits moments qui donnent le sentiment du travail bien fait. Sentiment qui est limité si tu changes les draps alors qu'ils n'ont même pas eu le temps de perdre leur parfum ou que tu repasses le contenu de chaque machine avant de lancer la suivante. CQFD, le maniaque se prive d'instants de grâce.
Il n'y aura donc personne pour me faire culpabiliser de mon bordélisme. De toute façon, dès qu'une visite est annoncée, je passe en mode rangement super efficace; les 5 dernières minutes avant l'arrivée des invités, je passe carrément en mode "planquons ce qui dépasse". Pour ce qui ne peut être planqué, j'opte pour l'affirmation, sur un ton détaché: "une maison est faite pour vivre, pas pour être nettoyée", leitmotiv illusoire du bordélique refoulé.
Pour couronner le tout, les bordéliques ne marient pas des maniaques et les chiens ne font pas des chats: autrement dit, non contente de lutter contre ma nature profonde, j'assume aussi celle de mes quatre mâles. Pour le coup j'en trouverais presque ma maison étincelante. Presque. Et seulement tant que personne ne passe à l'improviste boire un café!
mardi 6 août 2013
Paléo time
On a tous une groupie qui sommeille en nous; c'est une réalité qui m'est apparue un jour où je ne sais quelle radio a eu
l'idée de passer du Roch Voisine pendant que je faisais mes courses. Helen things you do make me crazy 'bout you... et te revoilà à 13 ans,
les yeux embués, en te demandant pourquoi, toi, sur la plage, tu ne croises
que de stupides boutonneux inintéressants qui font des cacahuètes dans
l'eau au lieu de croiser Roch, ses muscles de hockeyeur, son accent à
faire fondre la glace sur le St-Laurent en plein mois de janvier...
Bref, le jour où mon compréhensif conjoint a eu la brillante idée de me proposer d'aller au Paléo Festival le soir où chantait Patrick Bruel, mon hésitation a été plutôt brève. Bien que l'homme ait échangé ses bouclettes brunes contre une coupe de cinquantenaire un peu plus rangé et troqué son look d'étudiant en philo ascendant musicien contre un gilet moins rebelle, je ne pouvais pas refuser de revivre un peu ce 7 octobre 1994 où Malley avait vibré de toute son armature sous les Patriiiiiiiiiiiiiiiick enamourés de milliers de jeunes filles en fleur.
Ce dimanche-là, à Paléo, les groupies étaient de sortie, de 7 à 77 ans, ou presque. Sur la Grande Scène, Patrick était précédé par le jeune Bastian Baker, propulsé en quelques mois étoile montante de la pop helvétique et nouvelle idole des 12-18 ans; puis par Raphaël, sa Caravane, son regard de cocker et sesberceuses ballades baladeuses. Le premier se mouilla (au propre et au figuré) pour faire oublier grêlons et pluie (aaaaah le charme des festivals d'été oscillant entre canicule et orages) et livra, en dépit de quelques fausses notes dues à un mauvais retour (oui, je trouve des excuses, faut soutenir les artistes du cru, ça n'a rien à voir avec le physique de hockeyeur dont je vantais les mérites plus haut) un show sympathique et entraînant (je gage que si vous interrogez une donzelle du premier rang, elle vous parlera du plus incroyable concert de toute sa vie dans une déclaration fleurie dont ni vous ni moi ne comprendrons le quart des superlatifs). Une brochette de wapiti et une bonne rincée plus tard, nous tentions - vainement - de nous faire sécher en compagnie cette fois du poète parisien. J'aime bien Raphaël, on a des CD d'ailleurs, qu'on écoute volontiers. Mais était-ce la pluie, la fatigue (2h de VTT comme mise en jambes pré-Paléo, c'était peut-être un peu présomptueux) ou le simple fait que tous les artistes n'ont pas la même aura sur scène, en tous cas ce soir là, Raphaël n'a pas déchaîné les passions. On pourrait même dire qu'il a légèrement flingué l'ambiance.
Restait Patrick. La pluie tombait à verse, mais quand faut y aller, faut y aller. C'est avec un courage indéniable que nous nous sommes donc avancés dans la foule en pataugeant joyeusement dans la gadoue. Combien seront là 4...3....2....1....0... Ben on était même franchement plus nombreux. La groupie ne s'arrête pas au premier torrent de boue.
Autour de nous, une multitude de pèlerines, k-way et autres survêtements aussi peu esthétiques que les nôtres pour reprendre en chœur le refrain de la Place des Grands Hommes. Une multitude de bras levés et d'I-pommes tentant de saisir une image ou un son, au péril de leur vie électronique. Les briquets de 1994 se sont éteints, mais les voix sont là, et Patrick, comme à l'époque, est libre à tout moment de laisser son public se casser la voix. D'aucuns riaient en coin dans les années nonante, quand les murs de nos chambres d'adolescentes affichaient des posters grandeur nature. Bruel, chanteur à midinettes, forcément éphémère... Tu parles! 20 ans plus tard, Bruel est encore là, et bien là; il met le feu à la scène, il crève l'écran, et c'est un public hétéroclite qui le suit des yeux et des cordes vocales. Dans ce public, il y a certes les midinettes d'antan; mais il y a aussi leurs maris, leurs amis, leurs enfants, qui sautent, chantent et crient aussi, sur des chansons devenues cultes. On aime ou on aime pas, mais on connaît par cœur. Bruel est là, et sa présence captive l'auditoire. D'un simple mouvement de poignet, il fait applaudir en rythme des milliers de personnes trempées jusqu'aux os. De quelques mots plus graves, il obtient le silence. Bruel en impose. Il chante, il se raconte, il raconte des histoires aussi, nous emmenant où bon lui semble, de Berlin à Londres, d'un pays en guerre à une cour d'école. Peu importe la pluie, c'est toute la plaine de l'Asse qui est prête à danser la valse pour cet homme-là. Et qui en redemande. Alors merci Patrick. Et si on s'donnait rendez-vous dans 10 ans?
Bref, le jour où mon compréhensif conjoint a eu la brillante idée de me proposer d'aller au Paléo Festival le soir où chantait Patrick Bruel, mon hésitation a été plutôt brève. Bien que l'homme ait échangé ses bouclettes brunes contre une coupe de cinquantenaire un peu plus rangé et troqué son look d'étudiant en philo ascendant musicien contre un gilet moins rebelle, je ne pouvais pas refuser de revivre un peu ce 7 octobre 1994 où Malley avait vibré de toute son armature sous les Patriiiiiiiiiiiiiiiick enamourés de milliers de jeunes filles en fleur.
Ce dimanche-là, à Paléo, les groupies étaient de sortie, de 7 à 77 ans, ou presque. Sur la Grande Scène, Patrick était précédé par le jeune Bastian Baker, propulsé en quelques mois étoile montante de la pop helvétique et nouvelle idole des 12-18 ans; puis par Raphaël, sa Caravane, son regard de cocker et ses
Restait Patrick. La pluie tombait à verse, mais quand faut y aller, faut y aller. C'est avec un courage indéniable que nous nous sommes donc avancés dans la foule en pataugeant joyeusement dans la gadoue. Combien seront là 4...3....2....1....0... Ben on était même franchement plus nombreux. La groupie ne s'arrête pas au premier torrent de boue.
Autour de nous, une multitude de pèlerines, k-way et autres survêtements aussi peu esthétiques que les nôtres pour reprendre en chœur le refrain de la Place des Grands Hommes. Une multitude de bras levés et d'I-pommes tentant de saisir une image ou un son, au péril de leur vie électronique. Les briquets de 1994 se sont éteints, mais les voix sont là, et Patrick, comme à l'époque, est libre à tout moment de laisser son public se casser la voix. D'aucuns riaient en coin dans les années nonante, quand les murs de nos chambres d'adolescentes affichaient des posters grandeur nature. Bruel, chanteur à midinettes, forcément éphémère... Tu parles! 20 ans plus tard, Bruel est encore là, et bien là; il met le feu à la scène, il crève l'écran, et c'est un public hétéroclite qui le suit des yeux et des cordes vocales. Dans ce public, il y a certes les midinettes d'antan; mais il y a aussi leurs maris, leurs amis, leurs enfants, qui sautent, chantent et crient aussi, sur des chansons devenues cultes. On aime ou on aime pas, mais on connaît par cœur. Bruel est là, et sa présence captive l'auditoire. D'un simple mouvement de poignet, il fait applaudir en rythme des milliers de personnes trempées jusqu'aux os. De quelques mots plus graves, il obtient le silence. Bruel en impose. Il chante, il se raconte, il raconte des histoires aussi, nous emmenant où bon lui semble, de Berlin à Londres, d'un pays en guerre à une cour d'école. Peu importe la pluie, c'est toute la plaine de l'Asse qui est prête à danser la valse pour cet homme-là. Et qui en redemande. Alors merci Patrick. Et si on s'donnait rendez-vous dans 10 ans?
mardi 30 juillet 2013
C'est les vacances! ou pas...
35° à l'ombre, point d'horaire à tenir pour le gang des blondinets, juste la livraison chez les grands-parents à l'heure qui leur siéra, plongeons répétés dans l'eau tempérée, casquette, lunettes, crème solaire: aucun doute, les vacances sont là.
Si le monde du travail nous offre généralement 4 ou 5 semaines de vacances par année (ce qui semble déjà dérisoire, on est d'accord), le monde de la parentalité est encore plus pingre. Officiellement, zéro. Pas une semaine, pas un jour. Officieusement, on peut heureusement compter sur la bonne volonté de grands-parents dévoués et fiers de contribuer à l'éducation de leurs descendants pour nous soulager quelques heures ou quelques jours. Plus souvent, hélas, parce que le monde du travail sonne le clairon et non pour profiter d'un farniente qui serait pourtant bien mérité. Et puis arrive le moment béni où les blondinets atteignent l'âge d'aller à l'école. Heures de calme bienvenues au domicile. L'autre matin j'ai accueilli la lettre de la commune concernant la rentrée comme on se réjouit d'une confirmation de réservation de vacances. "Madame, la commune est heureuse de vous informer que cette année, le système vous offrira 23h hebdomadaires où vous n'aurez qu'un blondinet à gérer." Yes. Rentrée des classes le 19 août. Sûr que ce jour là, t'es pas en retard, tant tu es pressée de goûter aux joies retrouvées de la quasi indépendance maternelle. En attendant, on est le 30 juillet. Encore trois semaines avant mes vacances.
Les vacances scolaires, c'est chouette quand même... quand tu pars. Pendant une ou deux semaines, tu te détends, tu laisses les enfants se reposer, tu profites même de faire quelques siestes, de te baigner et de dévorer des pavés dans lesquels tu n'arrives pas à trouver le temps de te plonger le reste de l'année. Il fait beau, il faut chaud, tout le monde il est de bonne humeur; tu n'as plus ni horaire ni impératif, tu déconnectes et tu trouves même du plaisir aux 220 parties de Uno avec les enfants, à la construction récurrente de châteaux de sable ou aux parties de raquettes de plage où tu te fais battre à plate couture. Bonne disposition induite par les précieuses minutes où tu arrives à te prélasser, les doigts de pieds en éventail, au pied du toboggan aquatique que les enfants sont désormais assez grands pour emprunter seuls. Et puis sonne l'heure du retour. Les 12 lessives que tu dois envoyer pour rattraper les 2 semaines d'absence (dont 4 de linges cartonnés par le sel marin et le sable) te font rapidement redescendre sur terre. Commencent alors les vacances scolaires at home. Et là, c'est moins chouette. Enfin ça dépend des jours.
Je conçois que ma perception de l'été de maman puisse offusquer les braves qui travaillent 42h par semaine tout l'été dans un bureau sans clim, mais je tiens néanmoins à rétablir un peu la vérité sur le quotidien estival de la mère au foyer. Vous croyez qu'on peut dormir le matin? Faux. Il fait beau, il fait chaud, tout le monde il a de l'énergie. Les enfants se lèvent à peine plus tard que durant le reste de l'année. Et nous, on se lève pas tant plus tard non plus, parce qu'il faut avoir pris sa douche avant qu'ils n'émergent sous peine de devoir en ressortir 15 fois en 10 minutes parce que mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, y a plus de céréales, mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, j'ai besoin de pipi [sic], mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, il m'a tapé/il m'embête/il a dit un vilain mot. Une fois le déjeuner avalé, deux options: tu fais remuer la troupe pour une activité type piscine/pique-nique, où tu retrouves quelques avantages des vacances à la mer mixés aux avantages des cafés-copines, ce qui n'est pas négligeable si tu tiens à conserver un minimum de vocabulaire en dépit des deux mois de conversations intensives de niveau 2P (avant Harmos) ou inférieur. 2e option: il fait moche, tu dois faire ta lessive, ton ménage, ton repassage, et tu ne mets pas tout de suite la machine en route. Commence alors une loooooooooooongue journée. Vision habituelle d'un matin sans activités, scénario qui se répète à intervalles irréguliers de 1h à 1h30: 3 chérubins plantés devant une bonne dizaine de caisses Ikea, stockées en face d'une bibliothèque où jeux de toutes sortes tiennent compagnie à une belle collection de livres et de puzzles, et là, la phrase assassine du jour-de-vacances-où-il-fait-moche-et-où-maman-doit-vraiment-s'occuper-des-tâches-domestiques, sur le ton geignard de l'enfant vraiment à plaindre: "Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, j'sais pas à quoi joueeeeeeeeeeeeeeeeeer". Ne jamais garder de corde solide avec un nœud coulant à portée de main, la tentation du suicide par pendaison risquerait d'avoir votre peau.
Je caricature, vous vous en doutez. Finalement c'est marrant de faire la geignarde vraiment à plaindre, je commence à comprendre mes enfants ;) En vérité, sachez-le, mes enfants sont plutôt chouettes [surtout quand je les ai pas vu depuis qq heures] et je me la coule douce: là je m'octroie une pause d'écriture libre au milieu d'une pseudo-journée de travail (que je passe en fait confortablement installée sur ma terrasse, ce qui rend plus plaisantes même les traductions les plus inintéressantes), la météo s'annonce radieuse pour toute la semaine, nous aurons donc piscine/pique-nique, grillade sur nos Monts quand le soleil, boulot-terrasse, VTT, bronzing, apéros, gouilles/pique-nique, lac/pique-nique...
Bref, c'est les vacances et ça fait du bien quand même! Bel été à tous!
Si le monde du travail nous offre généralement 4 ou 5 semaines de vacances par année (ce qui semble déjà dérisoire, on est d'accord), le monde de la parentalité est encore plus pingre. Officiellement, zéro. Pas une semaine, pas un jour. Officieusement, on peut heureusement compter sur la bonne volonté de grands-parents dévoués et fiers de contribuer à l'éducation de leurs descendants pour nous soulager quelques heures ou quelques jours. Plus souvent, hélas, parce que le monde du travail sonne le clairon et non pour profiter d'un farniente qui serait pourtant bien mérité. Et puis arrive le moment béni où les blondinets atteignent l'âge d'aller à l'école. Heures de calme bienvenues au domicile. L'autre matin j'ai accueilli la lettre de la commune concernant la rentrée comme on se réjouit d'une confirmation de réservation de vacances. "Madame, la commune est heureuse de vous informer que cette année, le système vous offrira 23h hebdomadaires où vous n'aurez qu'un blondinet à gérer." Yes. Rentrée des classes le 19 août. Sûr que ce jour là, t'es pas en retard, tant tu es pressée de goûter aux joies retrouvées de la quasi indépendance maternelle. En attendant, on est le 30 juillet. Encore trois semaines avant mes vacances.
Les vacances scolaires, c'est chouette quand même... quand tu pars. Pendant une ou deux semaines, tu te détends, tu laisses les enfants se reposer, tu profites même de faire quelques siestes, de te baigner et de dévorer des pavés dans lesquels tu n'arrives pas à trouver le temps de te plonger le reste de l'année. Il fait beau, il faut chaud, tout le monde il est de bonne humeur; tu n'as plus ni horaire ni impératif, tu déconnectes et tu trouves même du plaisir aux 220 parties de Uno avec les enfants, à la construction récurrente de châteaux de sable ou aux parties de raquettes de plage où tu te fais battre à plate couture. Bonne disposition induite par les précieuses minutes où tu arrives à te prélasser, les doigts de pieds en éventail, au pied du toboggan aquatique que les enfants sont désormais assez grands pour emprunter seuls. Et puis sonne l'heure du retour. Les 12 lessives que tu dois envoyer pour rattraper les 2 semaines d'absence (dont 4 de linges cartonnés par le sel marin et le sable) te font rapidement redescendre sur terre. Commencent alors les vacances scolaires at home. Et là, c'est moins chouette. Enfin ça dépend des jours.
Je conçois que ma perception de l'été de maman puisse offusquer les braves qui travaillent 42h par semaine tout l'été dans un bureau sans clim, mais je tiens néanmoins à rétablir un peu la vérité sur le quotidien estival de la mère au foyer. Vous croyez qu'on peut dormir le matin? Faux. Il fait beau, il fait chaud, tout le monde il a de l'énergie. Les enfants se lèvent à peine plus tard que durant le reste de l'année. Et nous, on se lève pas tant plus tard non plus, parce qu'il faut avoir pris sa douche avant qu'ils n'émergent sous peine de devoir en ressortir 15 fois en 10 minutes parce que mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, y a plus de céréales, mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, j'ai besoin de pipi [sic], mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, il m'a tapé/il m'embête/il a dit un vilain mot. Une fois le déjeuner avalé, deux options: tu fais remuer la troupe pour une activité type piscine/pique-nique, où tu retrouves quelques avantages des vacances à la mer mixés aux avantages des cafés-copines, ce qui n'est pas négligeable si tu tiens à conserver un minimum de vocabulaire en dépit des deux mois de conversations intensives de niveau 2P (avant Harmos) ou inférieur. 2e option: il fait moche, tu dois faire ta lessive, ton ménage, ton repassage, et tu ne mets pas tout de suite la machine en route. Commence alors une loooooooooooongue journée. Vision habituelle d'un matin sans activités, scénario qui se répète à intervalles irréguliers de 1h à 1h30: 3 chérubins plantés devant une bonne dizaine de caisses Ikea, stockées en face d'une bibliothèque où jeux de toutes sortes tiennent compagnie à une belle collection de livres et de puzzles, et là, la phrase assassine du jour-de-vacances-où-il-fait-moche-et-où-maman-doit-vraiment-s'occuper-des-tâches-domestiques, sur le ton geignard de l'enfant vraiment à plaindre: "Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, j'sais pas à quoi joueeeeeeeeeeeeeeeeeer". Ne jamais garder de corde solide avec un nœud coulant à portée de main, la tentation du suicide par pendaison risquerait d'avoir votre peau.
Je caricature, vous vous en doutez. Finalement c'est marrant de faire la geignarde vraiment à plaindre, je commence à comprendre mes enfants ;) En vérité, sachez-le, mes enfants sont plutôt chouettes [surtout quand je les ai pas vu depuis qq heures] et je me la coule douce: là je m'octroie une pause d'écriture libre au milieu d'une pseudo-journée de travail (que je passe en fait confortablement installée sur ma terrasse, ce qui rend plus plaisantes même les traductions les plus inintéressantes), la météo s'annonce radieuse pour toute la semaine, nous aurons donc piscine/pique-nique, grillade sur nos Monts quand le soleil, boulot-terrasse, VTT, bronzing, apéros, gouilles/pique-nique, lac/pique-nique...
Bref, c'est les vacances et ça fait du bien quand même! Bel été à tous!
mercredi 22 mai 2013
Vis ma vie.... de mère indigne
L'autre jour mon tendre époux m'a confié qu'il était allé lire mes derniers posts. Surprise je fus, moi qui n'ai rien été en mesure de pondre depuis des lustres (et demi). La fidélité de mon vénérable lecteur conjugal envers ce blog n'a donc d'égal que ma propre fidélité d'auteur. Shame on us. Mais bon, l'avantage, c'est que ça m'a mis un ptit coup de pied au postérieur et a restimulé ma créativité endormie et ma motivation à prendre le temps que je n'ai pas réellement pour écrire des bêtises (je vous jure, j'ai pas le temps, je dois traduire une formation en ligne en météorologie, alors soit je bosse et quelqu'un sera en mesure de comprendre pourquoi on se coltine le printemps le plus pourrave qu'on ait jamais vu de mémoire de blagueuse, soit je vous abandonne dans votre désespérante incompréhension des phénomènes qui se déroulent dans la troposphère pour écrire un truc vaguement marrant.) Bon, OK; comme connaître les détails techniques des anticyclones qui ne sont pas là ne nous rendra pas le soleil, essayons au moins de vous rendre le sourire.
Je pourrais vous conter les pathétiques mésaventures de notre cucurbitacé de chat, ou quand laisser faire la nature ne donne pas de très bons résultats, mais mon expérience très récente de la reproduction féline (c.-à-d., par ordre chronologique, césarienne de minette qui fait une fausse couche, arrachage de points de suture par la même minette, agrafage d'abdomen subséquent et, mesure ultime, habillage de toujours la même minette avec un body qui ferait pâlir d'envie Véronique et Davina afin de lui barrer l'accès à la zone) me laissant un goût plutôt amer, je préfère revenir sur des expériences positives de trentenaire réjouie.
Ce printemps 2013 aura été marqué par de sympathiques week-ends entre filles [motifs recevables: hasard du calendrier, absence de grossesses dans certains cercles (après la période "mariages", y a la période "grossesses"; force est de constater qu'un jour où l'autre, on en sort pour être dans la période moins contraignante "café avec les copines - souper avec les copines - week-end avec les copines"), exil temporaire de l'une qu'il-faut-bien-qu'on-aille-divertir-dans-sa-grisaille-londonnienne, besoin de soleil de l'autre, envie de shopping de toutes...]. Je sais, ça fait mère indigne d'abandonner tous ses blondinets pour aller goûter la sangria et les tapas madrilènes. Ca le fait encore davantage de remettre le couvert un petit mois plus tard pour aller faire un tour de London Eye, braver la pluie de Soho et ne quitter Regent Street que pour s'engouffrer dans le M&M's shop de 4 étages... Tant pis. En ce printemps pourri, j'assume. Soleil dans les coeurs.
J'entame ici un chapitre inspiré de faits réels et de personnes susceptibles de m'attaquer en justice pour propos diffamatoires. Faut partir en bonne compagnie. Toujours. On choisit ses amies, encore heureux. Or, quand émerge l'idée du week-end entre filles, tu commences à rire à peu près au moment où tu commences à parler de la destination. Les filles c'est compliqué des fois. Ca veut du soleil, ça veut des magasins, ça veut des terrasses où se reposer et humer un bon air de vacances. Madrid, destination idéale. Vendu. Telle sera la première étape du European shopping & clubbing tour 2013. Donc par un pluvieux matin d'avril, nous partîmes à Genève, prendre un avion low-cost. Le propre des avions low-cost, c'est que ça part souvent très tôt le matin. Commencer le week-end à 4h du mat, ça met tout de suite dans le bain. Partir sans enfants à préparer, en ayant une seule valise exempte de couches et de lingettes, c'est déjà les vacances. E Viva España.
Pour des novices du week-end entre filles, on s'en est pas trop mal tirées. On a pas loupé d'avion. On est rentrées du premier coup dans le bon hôtel (riez pas, il est déjà arrivé à la même bande de rentrer dans le mauvais restaurant mais c'était la faute à Nadia). On a perdu personne malgré les différences de rythme de marche. On a survécu à un carambolage SDF/infirme béquillé/valises à roulettes au pied d'un escalator. On a rit, beaucoup. On a bu de la mauvaise bière (parce que c'était rigolo de commander un seau de glace pilée rempli de mauvaises bières) et de la bonne sangria. On a mangé des tapas non identifiés et du jamón 100% madrilène. On a fait tous les étages d'El Corte Ingles et testé toutes les terrasses de la Plaza Mayor (à ce moment-là, on croyait que le printemps était enfin arrivé... bon l'est vite reparti, mais on en aura au moins profité un week-end!). On s'est laissées emporter par le rythme du flamenco et le non-rythme de vie méditerranéen (quand le type de la réception te dit bonjour quand toi tu lui dis bonne nuit, c'est qu'y a pas de rythme, et puis c'est tout). On a savouré Madrid quoi.
Deuxième halte: Londres. Comme dit plus haut, pour rendre visite à une exilée qui le valait bien. Autre décor, autre ambiance. Et pourtant cette même impression de faille spatio-temporelle. Autant Madrid laisse le temps de vivre, autant Londres a le rythme effréné de la grande ville. Faut dire qu'entre le réveil mal réglé de l'une des conductrices, le rattrapage de retard in extremis moyennant un flash et une amende qui devrait laisser un goût salé, le petit coup de stress induit pour toute la bande et le décalage horaire dont personne ne comprend vraiment la raison (mais qui te fait téléphoner à tes blondinets pour leur dire bonne nuit alors qu'ils sont dans les bras de Morphée depuis une demi-heure...), on a eu tout le week-end un petit problème relationnel avec l'horloge. Ce qui ne nous a pas empêché de profiter de chaque minute. Même celles où on a couru devant Big Ben pour arriver à la grande roue à l'heure marquée sur nos billets.
J'étais déjà allée à Londres plusieurs fois, mais j'ai eu l'impression de découvrir une nouvelle ville. Seul le pouls est toujours le même, marqué par les bottes des gardes qui font leur petit ballet devant Buckingham et par les cloches de Benny tous les quarts d'heure. J'avais vu la Londres touristique, ses musées, ses monuments, ses parcs pleins d'écureuils... J'ai vu la Londres hétéroclite, de la haute couture de Harrods aux rayons surpeuplés de Primark, des ateliers d'Alexander McQueen aux boutiques gothiques de Camden Town, du silence presque religieux de Liberty au joyeux brouhaha de Leicester Square... On a été des touristes parmi les touristes au milieu de Chinatown, et des touristes parmi des hommes d'affaires au milieu de la City (note pour plus tard: quand c'est un médecin qui te recommande un bar pour l'apéro, pense à mettre ton tailleur et tes escarpins dans la valise à roulettes). On s'est fait exploser la panse de délices de toutes origines, on a expérimenté les quatre saisons dans une même journée, fait les ados dans une auberge de jeunesse où l'accès à l'un des deux lavabos de l'étage relevait du parcours du combattant... On a aimé chaque image de cette ville si typique, chaque cabine de téléphone, chaque taxi, chaque bus rouge (chaque pinte de cidre, chaque bière...). On a savouré Londres quoi.
De ces deux week-ends, je suis rentrée avec un déficit en heures de sommeil à la limite du tolérable (le temps de récupération ayant tendance à augmenter au fil des ans), mais avec l'impression d'avoir pris une bouffée d'oxygène d'une valeur inestimable. Quand on rentre de vacances, on a souvent ce sentiment un peu amer que c'est fini, que les vacances suivantes sont loin. L'avantage quand on rentre d'une escapade sans sa petite famille, c'est que le bonheur des retrouvailles estompe bien vite toute amertume. Bien sûr, la semaine "école-boulot-Migros-tournoi de foot-entraînement de judo", c'est moins glamour à raconter qu'une tournée des capitales européennes. Mais le bonheur est une mosaïque dans laquelle il faut toutes sortes de morceaux: un peu de bling-bling, ça et là, ça met de la gaieté et de la couleur, mais toutes les petites pièces moins voyantes qui font notre quotidien sont tout aussi essentielles à la beauté de l’œuvre.
Pour les nombreuses petites pièces quotidiennes, je profite de ce jour particulier de noces de faïence pour remercier le dévoué papa et les 3 blondinets qui ont toléré/géré/savouré mes absences.
Pour le bling-bling merci à toutes les voyageuses de l'extrême, adeptes du valet parking, phobiques de l'avion repenties, shopping addicts et/ou night-clubbeuses inrentrables qui ont mis du soleil dans ce printemps 2013 :-)
Je pourrais vous conter les pathétiques mésaventures de notre cucurbitacé de chat, ou quand laisser faire la nature ne donne pas de très bons résultats, mais mon expérience très récente de la reproduction féline (c.-à-d., par ordre chronologique, césarienne de minette qui fait une fausse couche, arrachage de points de suture par la même minette, agrafage d'abdomen subséquent et, mesure ultime, habillage de toujours la même minette avec un body qui ferait pâlir d'envie Véronique et Davina afin de lui barrer l'accès à la zone) me laissant un goût plutôt amer, je préfère revenir sur des expériences positives de trentenaire réjouie.
Ce printemps 2013 aura été marqué par de sympathiques week-ends entre filles [motifs recevables: hasard du calendrier, absence de grossesses dans certains cercles (après la période "mariages", y a la période "grossesses"; force est de constater qu'un jour où l'autre, on en sort pour être dans la période moins contraignante "café avec les copines - souper avec les copines - week-end avec les copines"), exil temporaire de l'une qu'il-faut-bien-qu'on-aille-divertir-dans-sa-grisaille-londonnienne, besoin de soleil de l'autre, envie de shopping de toutes...]. Je sais, ça fait mère indigne d'abandonner tous ses blondinets pour aller goûter la sangria et les tapas madrilènes. Ca le fait encore davantage de remettre le couvert un petit mois plus tard pour aller faire un tour de London Eye, braver la pluie de Soho et ne quitter Regent Street que pour s'engouffrer dans le M&M's shop de 4 étages... Tant pis. En ce printemps pourri, j'assume. Soleil dans les coeurs.
J'entame ici un chapitre inspiré de faits réels et de personnes susceptibles de m'attaquer en justice pour propos diffamatoires. Faut partir en bonne compagnie. Toujours. On choisit ses amies, encore heureux. Or, quand émerge l'idée du week-end entre filles, tu commences à rire à peu près au moment où tu commences à parler de la destination. Les filles c'est compliqué des fois. Ca veut du soleil, ça veut des magasins, ça veut des terrasses où se reposer et humer un bon air de vacances. Madrid, destination idéale. Vendu. Telle sera la première étape du European shopping & clubbing tour 2013. Donc par un pluvieux matin d'avril, nous partîmes à Genève, prendre un avion low-cost. Le propre des avions low-cost, c'est que ça part souvent très tôt le matin. Commencer le week-end à 4h du mat, ça met tout de suite dans le bain. Partir sans enfants à préparer, en ayant une seule valise exempte de couches et de lingettes, c'est déjà les vacances. E Viva España.
Pour des novices du week-end entre filles, on s'en est pas trop mal tirées. On a pas loupé d'avion. On est rentrées du premier coup dans le bon hôtel (riez pas, il est déjà arrivé à la même bande de rentrer dans le mauvais restaurant mais c'était la faute à Nadia). On a perdu personne malgré les différences de rythme de marche. On a survécu à un carambolage SDF/infirme béquillé/valises à roulettes au pied d'un escalator. On a rit, beaucoup. On a bu de la mauvaise bière (parce que c'était rigolo de commander un seau de glace pilée rempli de mauvaises bières) et de la bonne sangria. On a mangé des tapas non identifiés et du jamón 100% madrilène. On a fait tous les étages d'El Corte Ingles et testé toutes les terrasses de la Plaza Mayor (à ce moment-là, on croyait que le printemps était enfin arrivé... bon l'est vite reparti, mais on en aura au moins profité un week-end!). On s'est laissées emporter par le rythme du flamenco et le non-rythme de vie méditerranéen (quand le type de la réception te dit bonjour quand toi tu lui dis bonne nuit, c'est qu'y a pas de rythme, et puis c'est tout). On a savouré Madrid quoi.
Deuxième halte: Londres. Comme dit plus haut, pour rendre visite à une exilée qui le valait bien. Autre décor, autre ambiance. Et pourtant cette même impression de faille spatio-temporelle. Autant Madrid laisse le temps de vivre, autant Londres a le rythme effréné de la grande ville. Faut dire qu'entre le réveil mal réglé de l'une des conductrices, le rattrapage de retard in extremis moyennant un flash et une amende qui devrait laisser un goût salé, le petit coup de stress induit pour toute la bande et le décalage horaire dont personne ne comprend vraiment la raison (mais qui te fait téléphoner à tes blondinets pour leur dire bonne nuit alors qu'ils sont dans les bras de Morphée depuis une demi-heure...), on a eu tout le week-end un petit problème relationnel avec l'horloge. Ce qui ne nous a pas empêché de profiter de chaque minute. Même celles où on a couru devant Big Ben pour arriver à la grande roue à l'heure marquée sur nos billets.
J'étais déjà allée à Londres plusieurs fois, mais j'ai eu l'impression de découvrir une nouvelle ville. Seul le pouls est toujours le même, marqué par les bottes des gardes qui font leur petit ballet devant Buckingham et par les cloches de Benny tous les quarts d'heure. J'avais vu la Londres touristique, ses musées, ses monuments, ses parcs pleins d'écureuils... J'ai vu la Londres hétéroclite, de la haute couture de Harrods aux rayons surpeuplés de Primark, des ateliers d'Alexander McQueen aux boutiques gothiques de Camden Town, du silence presque religieux de Liberty au joyeux brouhaha de Leicester Square... On a été des touristes parmi les touristes au milieu de Chinatown, et des touristes parmi des hommes d'affaires au milieu de la City (note pour plus tard: quand c'est un médecin qui te recommande un bar pour l'apéro, pense à mettre ton tailleur et tes escarpins dans la valise à roulettes). On s'est fait exploser la panse de délices de toutes origines, on a expérimenté les quatre saisons dans une même journée, fait les ados dans une auberge de jeunesse où l'accès à l'un des deux lavabos de l'étage relevait du parcours du combattant... On a aimé chaque image de cette ville si typique, chaque cabine de téléphone, chaque taxi, chaque bus rouge (chaque pinte de cidre, chaque bière...). On a savouré Londres quoi.
De ces deux week-ends, je suis rentrée avec un déficit en heures de sommeil à la limite du tolérable (le temps de récupération ayant tendance à augmenter au fil des ans), mais avec l'impression d'avoir pris une bouffée d'oxygène d'une valeur inestimable. Quand on rentre de vacances, on a souvent ce sentiment un peu amer que c'est fini, que les vacances suivantes sont loin. L'avantage quand on rentre d'une escapade sans sa petite famille, c'est que le bonheur des retrouvailles estompe bien vite toute amertume. Bien sûr, la semaine "école-boulot-Migros-tournoi de foot-entraînement de judo", c'est moins glamour à raconter qu'une tournée des capitales européennes. Mais le bonheur est une mosaïque dans laquelle il faut toutes sortes de morceaux: un peu de bling-bling, ça et là, ça met de la gaieté et de la couleur, mais toutes les petites pièces moins voyantes qui font notre quotidien sont tout aussi essentielles à la beauté de l’œuvre.
Pour les nombreuses petites pièces quotidiennes, je profite de ce jour particulier de noces de faïence pour remercier le dévoué papa et les 3 blondinets qui ont toléré/géré/savouré mes absences.
Pour le bling-bling merci à toutes les voyageuses de l'extrême, adeptes du valet parking, phobiques de l'avion repenties, shopping addicts et/ou night-clubbeuses inrentrables qui ont mis du soleil dans ce printemps 2013 :-)
vendredi 8 mars 2013
Eloge du pétage de plombs
On dira ce qu'on voudra, être calme, modéré et neutre - suisse, quoi - c'est pas toujours facile. J'admire les gens qui restent d'un calme olympien face aux bêtises/réponses inadéquates/disputes infondées de leur progéniture. Après quelques semaines courant janvier à jongler entre les enfants (et leurs parents) patraques, pas tant bien (nez-qui-coule-gorge-qui-pique-toux-infâme) voire carrément bons à jeter ou du moins à planquer sous la couette pour 2-3-4 jours, je dois bien admettre que je ne fais pas partie de ces gens-là.
Le pire face à un enfant malade, c'est qu'il n'y peut rien. Donc on ne peut pas l'enguirlander pour ça. Par contre, selon l'humeur du moment, l'état de fatigue avancé, la migraine de 9h30 ou le coup de barre de 15h, on peut l'enguirlander pour les manifestations plus ou moins évidentes du mal. La vérité, c'est qu'au fond, on ignore toujours quels trucs énervants sont des conséquences malheureuses de l'état grippal dans lequel le blondinet se trouve et quels trucs énervants sont juste des caprices d'un blondinet cherchant à tirer parti de la situation (parce que dans la grande loterie de la procréation, moi j'ai tiré des numéros non seulement spécialement beaux et intelligents, mais en plus ils dorment la nuit, ne se plaignent pas quand ils sont malades, sont d'ailleurs moins souvent malades que les autres et moins malades, quand ils le sont... autrement dit, même malades, ils sont aptes à faire des caprices - ben ouais, fallait bien qu'ils aient un ptit défaut quand même).
Bref. Lors de ces semaines où le thermomètre a été plus utilisé que le caquelon à fondue [vous aussi vous vous demandez d'où me vient cette comparaison?] Blondinet Ier a développé sa capacité de bougonnement à vitesse grand V, Blondinet II a perfectionné son talent d'acteur dramatique (où quand tu te "cognes" le coude au COUSSIN du canapé, tu as probablement une fracture ouverte radius/cubitus/petit Juif), tandis que Blondinet III jugeait le moment opportun pour mettre en pratique la théorie du "terrible two" - crise d'opposition, par rapport à ses frères notamment, capacité incroyable à trouver tous les tubes de crèmes/dentifrice/moutarde qui traînent dans la maison (chambres, frigo, tout y passe) pour te prouver qu'il SAIT:
Depuis, la situation s'est calmée. Mais certains messages échangés et discussions autour d'un café m'ont permis de constater que la plupart d'entre nous, fières génitrices trentenaires, sommes sujettes, un jour ou l'autre, au pétage de plombs. A ce moment où l'envie irrépressible te prend de gueuler plus fort que ton enfant qui crise. Tu sais pas vraiment pourquoi. Pour montrer qui est le chef, peut-être. Pour que ça s'arrête, certainement. Tu sais au fond qu'il y aurait d'autres moyens, plus Super-nanny-compatibles. Mais ça vient instinctivement, des tripes. Ou du cerveau reptilien (note pour plus tard: arrêter de regarder 3 épisodes de Dexter tous les soirs, ça devrait laisser ledit cerveau un peu au repos et en plus ça évitera de devoir expliquer à des enfants quel plaisir on peut trouver à regarder une série dont le héros est un sympathique tueur en série et où y a du sang qui gicle partout, raison pour laquelle ils ne peuvent pas la regarder le dimanche matin en lieu et place de Ludo). Une fois le pétage de plomb passé, tu te sens un peu coupable, un peu honteuse, mais globalement libérée. Tu espères juste que les voisins n'aient pas appelé les flics (et vous qui croyiez que j'habite une maison à la lisière de la forêt juste par amour des cervidés et des écureuils, mes plus proches voisins!). Rassure-toi, ils n'appellent pas. Parce que parmi tes voisins, il y a d'autres familles, d'autres blondinets récalcitrants et d'autres mamans qui ont, un jour ou l'autre, pété les plombs, ou dont le tour viendra, forcément.
Au fond, ces moments où l'on ne se contrôle pas, c'est ce qui nous rend humaines. C'est aussi ce qui fait de nous des mamans. Car la rogne qu'on laisse entrevoir face à l'enfant qui n'obéit pas est vite supplantée par la fierté exprimée devant chacune de ses réussites... le geste trop brusque consécutif à une perte de patience maternelle devient dérisoire face à la multitude de câlins et de moments de complicité échangés... et la colère qu'on peut ressentir à l'égard d'un enfant qui refuse de venir mettre ses chaussures alors qu'il reste 1min20 avant l'heure du bus n'a d'égal que la tendresse que l'on éprouve devant le même enfant qui réclame de faire un bec sur la zoue de ses frères avant d'aller au lit.
Le pire face à un enfant malade, c'est qu'il n'y peut rien. Donc on ne peut pas l'enguirlander pour ça. Par contre, selon l'humeur du moment, l'état de fatigue avancé, la migraine de 9h30 ou le coup de barre de 15h, on peut l'enguirlander pour les manifestations plus ou moins évidentes du mal. La vérité, c'est qu'au fond, on ignore toujours quels trucs énervants sont des conséquences malheureuses de l'état grippal dans lequel le blondinet se trouve et quels trucs énervants sont juste des caprices d'un blondinet cherchant à tirer parti de la situation (parce que dans la grande loterie de la procréation, moi j'ai tiré des numéros non seulement spécialement beaux et intelligents, mais en plus ils dorment la nuit, ne se plaignent pas quand ils sont malades, sont d'ailleurs moins souvent malades que les autres et moins malades, quand ils le sont... autrement dit, même malades, ils sont aptes à faire des caprices - ben ouais, fallait bien qu'ils aient un ptit défaut quand même).
Bref. Lors de ces semaines où le thermomètre a été plus utilisé que le caquelon à fondue [vous aussi vous vous demandez d'où me vient cette comparaison?] Blondinet Ier a développé sa capacité de bougonnement à vitesse grand V, Blondinet II a perfectionné son talent d'acteur dramatique (où quand tu te "cognes" le coude au COUSSIN du canapé, tu as probablement une fracture ouverte radius/cubitus/petit Juif), tandis que Blondinet III jugeait le moment opportun pour mettre en pratique la théorie du "terrible two" - crise d'opposition, par rapport à ses frères notamment, capacité incroyable à trouver tous les tubes de crèmes/dentifrice/moutarde qui traînent dans la maison (chambres, frigo, tout y passe) pour te prouver qu'il SAIT:
- dévisser le bouchon;
- ouvrir le tube;
- se répandre la crème/le dentifrice/la moutarde sur le visage/le pantalon que tu viens de sortir de l'armoire/le mur de la salle-de-bains.
Depuis, la situation s'est calmée. Mais certains messages échangés et discussions autour d'un café m'ont permis de constater que la plupart d'entre nous, fières génitrices trentenaires, sommes sujettes, un jour ou l'autre, au pétage de plombs. A ce moment où l'envie irrépressible te prend de gueuler plus fort que ton enfant qui crise. Tu sais pas vraiment pourquoi. Pour montrer qui est le chef, peut-être. Pour que ça s'arrête, certainement. Tu sais au fond qu'il y aurait d'autres moyens, plus Super-nanny-compatibles. Mais ça vient instinctivement, des tripes. Ou du cerveau reptilien (note pour plus tard: arrêter de regarder 3 épisodes de Dexter tous les soirs, ça devrait laisser ledit cerveau un peu au repos et en plus ça évitera de devoir expliquer à des enfants quel plaisir on peut trouver à regarder une série dont le héros est un sympathique tueur en série et où y a du sang qui gicle partout, raison pour laquelle ils ne peuvent pas la regarder le dimanche matin en lieu et place de Ludo). Une fois le pétage de plomb passé, tu te sens un peu coupable, un peu honteuse, mais globalement libérée. Tu espères juste que les voisins n'aient pas appelé les flics (et vous qui croyiez que j'habite une maison à la lisière de la forêt juste par amour des cervidés et des écureuils, mes plus proches voisins!). Rassure-toi, ils n'appellent pas. Parce que parmi tes voisins, il y a d'autres familles, d'autres blondinets récalcitrants et d'autres mamans qui ont, un jour ou l'autre, pété les plombs, ou dont le tour viendra, forcément.
Au fond, ces moments où l'on ne se contrôle pas, c'est ce qui nous rend humaines. C'est aussi ce qui fait de nous des mamans. Car la rogne qu'on laisse entrevoir face à l'enfant qui n'obéit pas est vite supplantée par la fierté exprimée devant chacune de ses réussites... le geste trop brusque consécutif à une perte de patience maternelle devient dérisoire face à la multitude de câlins et de moments de complicité échangés... et la colère qu'on peut ressentir à l'égard d'un enfant qui refuse de venir mettre ses chaussures alors qu'il reste 1min20 avant l'heure du bus n'a d'égal que la tendresse que l'on éprouve devant le même enfant qui réclame de faire un bec sur la zoue de ses frères avant d'aller au lit.
mardi 19 février 2013
Relâches
Vendredi, fin de journée. Sous peu va débuter le cortège incessant des voitures des vacanciers venant envahir nos sublimes contrées pour profiter de l'or blanc fraîchement retombé en quantité. Ce soir débutent les vacances des cantons voisins, tandis que les petits écoliers locaux retourneront user leurs jeans sur les bancs dès lundi. La perspective de la fin des vacances n'est jamais bien réjouissante, même si comme je dis souvent, c'est quand s'achèvent les vacances scolaires que commencent les vacances des mamans. Le grognement dû à l'heure précoce du réveil sera atténué par les moments de relatif silence dus à l'absence des aînés. Toute reprise scolaire entraîne indéniablement un changement sonore dans la maisonnée. Mes tympans s'en réjouissent.
Tels étaient mes états d'âmes pré-reprise. Il faut dire que les vacances d'hiver, si joliment appelées "relâches" dans certaines régions, plus pratiquement désignées par "vacances de Carnaval" sous le soleil, les flocons et les confettis valaisans, compilent en 7 petits jours bon nombre de joies et de peines hivernales.
Je passerai les plaisants détails des dernières chutes de neige (ou comment traduire le langage philippejeanneretien en dialecte du travailleur mécontent : "faibles chutes de neige", ça donne "nontitcheudismoipasquecestpasvrai 15 cm de poudreuse au lever du soleil - fait ch*** - la voiture est encore coincée" ) pour me concentrer sur ce terme de "relâches". Parce que je le cherche toujours, moi, le relâchement. A priori, il n'est ni nerveux ni musculaire.
Nerveusement, il faut se la farcir, la semaine de Carnaval. Bien sûr, tu pourrais goûter à un repos mérité, aller coucher tôt, faire la grasse matinée histoire de récupérer ta bonne humeur légendaire et une patience inébranlable face aux caprices de ta progéniture... Sauf que c'est Carnaval. Donc tu as pluôt guggen, déguisements et confettis au programme. Bière coulant à flots et kebab à la sortie. Manque de sommeil et petits lutins sous l'os frontal (avec ricochets sur les pariétaux, si vraiment tu as fêté en règle*). Autrement dit, dès le 1er jour des vacances, tu te dis que ça va être dur. Parce qu'au lieu de pouvoir sauter sous la couette dès le départ du bus scolaire, histoire de digérer les excès du week-end, tu auras des bambins à occuper. Bambins excités par leurs costumes/les pétards/les confettis/la neige qui tombe. Niveau sonore atteint le lundi matin: 12 sur 10, sur l'échelle de la gueule de bois.
Le mardi, tu emmènes une dernière fois les bambins à un dernier cortège dans un dernier patelin où des chars ont la bonne heure de défiler. Histoire de finir le stock de pétards et de confettis et d'avoir une vraie bonne raison de laver les costumes. Ca sort la marmaille et ça fait une heure ou deux où ils ne réclameront pas la télé/la Wii/une 121e partie de Monopoly Junior. Comme tu te gèles les miches parce qu'il fait toujours moche et froid à Carnaval, tu bois un petit vin chaud pour tenir le coup. Ou deux. Ou trois. Sur le coup des 18h tu abandonnes tes enfants à la première grand-maman disponible pour aller boire du vin moins chaud sous la cantine**. Ou de la Suze. Question de soin des petits nains. Soigner le mal par le mal, qu'il disait.
Le mercredi, tu te sens grosso modo comme le lundi matin quoi. Relâchement nerveux nul. Tolérance aux exclamations successives des blondinets limitée. Mais comme le soleil a pointé le bout de son nez et que le petit ange perché sur ton épaule droite te dit que tes enfants ont bien mérité une sortie neige, tu te motives à reprendre une vie de parent modèle d'enfants scolarisés en vacances. C'est toujours les "relâches". Mouais. Non-relâchement musculaire, je dirais, moi.
Les sports d'hiver, quand tu es enfant, adolescent ou jeune adulte qui squatte chez tes parents, c'est un truc où tu pars le matin, le coeur léger, tu t'assieds dans la voiture chargée au préalable par ton bienfaiteur paternel (auquel tu ne montres d'ailleurs aucune gratitude, après tout, c'est son job de tout charger) et basta. Tu veilles à ne pas oublier tes lunettes de soleil et tes gants et vogue la galère. Les sports d'hiver quand tu es chef de gang, ça s'apparente davantage à l'organisation logistique d'un camp de vacances pour 20 personnes. Inventaires multiples, comptages et recomptages de gants, de casques, de chaussons, de bâtons, de cartes magnétiques; le chargement du matériel de moins d'1m50 au fond du coffre, les bobs par dessus, les chaussures pas trop au fond, les vestes en dernière couche. Escalade maladroite de l'intérieur de la portière arrière, une paire de skis à la main, pour essayer de la mettre sur le toit sans se briser les reins et sans rayer la carrosserie. Bref, quand tout est chargé, blondinets y compris, en tenue adéquate-mais-pas-trop-chaude-pour-pas-suer-dans-la-voiture, tu as déjà fait ton heure de sport quotidienne. Et tes rejetons ne te montrent pas plus de gratitude que tu n'en montrais à l'époque. Au contraire, ai-je envie de dire. Ca râle sur la destination, sur le télésiège non-débrayable, la 3e bosse du haut de la piste rouge... Ca a faim, ça a soif, ça a besoin de faire pipi. Tant pis, y a un moment où il faut ignorer et tourner la clé de contact.
Quand tu arrives sur la destination merveilleusement ensoleillée que tu as retenue pour ses pistes adaptées à l'âge de tes marmots, il s'agit de chausser les bouebs. Plus c'est grand, plus c'est facile. Mais sur un enfant de 2 ans et des brouettes qui chausse du 24, mettre des chaussures de ski, ça équivaut plus ou moins à... non, à rien. Rien de comparable à ce peton pourtant si adorable en temps normal qui là, se cabre, se braque, se recroqueville au moment où tu lui demandes de se tendre pour passer le cap infranchissable du talon de la chaussure. Arriver à mettre une chaussure de ski taille 24 à un pied âgé de 2 ans, c'est à chaque fois remporter un grand Chelem de la cordonnerie.
Une fois tout ton petit monde équipé, tu trouves enfin le tempsde souffler de mettre tes propres pompes. Tu as l'impression d'avoir fait le plus dur; la piste est là, toute proche... Mais pour y arriver, il s'agit de charger sur tes épaules, sous tes bras, sur ton dos ou sur toute autre partie de ton corps capable de porter charge 3 paires de skis (Blondinet I ayant enfin atteint le stade où il porte son matos), la paire de bâtons de Blondinet II, le harnais, la sangle du harnais qui fait 8m et a une fâcheuse tendance à se déplier, le sac renfermant le goûter. Qu'importe, tu y vas, bon an mal an. et te décharges au pied du tire-fesses. L'heure n'est toujours pas à la facilité, au moment d'aller chercher des forfaits pour toute la tribu, avec Blondinet III qui vient de percuter que c'était l'heure de sa sieste et le signale avec forces chouineries, tandis que les aînés, impatients, se sont remis en mode j'ai soif/j'ai faim/j'ai besoin de faire pipi. Mais avec quelques efforts, beaucoup de patience et quelques gueulées, on y arrive, au tire-fesses. Les enfants perfectionnent alors l'art de la montée et le virage dérapant de la descente tandis que tu arnaches le petit dernier en espérant qu'il daigne tendre un minimum les jambes. Ce qu'il ne fait pas. C'est l'heure de la sieste, après tout. Après 3 montées à le tenir plus ou moins en suspension par son harnais, tu commences à sentir une tension gênante derrière les bras, dans le dos, et dans plus ou moins tous les muscles de tes jambes dont tu ignorais plus ou moins l'existence jusque là. A la fin de l'après-midi, tu ne sens plus rien, tu n'es plus que douleur.
Quand tu es enfant, adolescent, ou jeune adulte qui squatte chez tes parents, tu rentres d'une journée de ski fatigué par le grand air, mais heureux. Tu mets sécher tes gants, tu ranges tes lunettes de soleil, tu prends une bonne douche et tu te mets à table pour déguster le bon souper que ta bienfaitrice maternelle a concocté. Quand tu es chef de gang, tu fais rentrer les enfants, tu les mets en collants/sous-pulls le temps de décharger la voiture. Tu luttes pour aligner les gants sur le radiateur. Tu fais 12 allers-retours entre la voiture et la maison pour tout ranger. Tu mets un truc à cuire. Tu mets les enfants au bain, par 1, 2 ou 3. Tu les fais manger. Tu les mets au lit. Et tu t'écroules sur le canapé dans les bras de l'homme qui ne disposait pas de "relâches" en jurant que plus jamais tu n'iras skier seule avec tes 3 enfants. Et tu attends sagement le week-end pour que ton bienfaiteur conjugal sois là, tel un superhéros des sports d'hiver, pour t'aider à charger/décharger/porter/prendre le relais/amener blondinet aux WC/faire la queue à la caisse.
Les "relâches" sont terminées, donc. Au total, on a fait 4 sorties neige, à 4, 5, ou plus. J'ai mal partout. J'ai l'impression d'avoir couru un marathon en portant des sacs de sable comme dans Koh-Lanta, de m'être aplaventrée à l'arrivée et de m'être fait rouler dessus par une dameuse. Et malgré tout, avec le soleil qui a brillé toute la journée par ma lucarne, aujourd'hui, jour d'école pour mes loupiots, jour de grand-maman pour le petit dernier, jour de boulot scotchée à mon ordinateur pour moi, aujourd'hui, j'aurais donné cher pour profiter encore d'une journée sur les pistes avec mes blondinets (bon, avec le superhéros hein, suis pas maso quand même!). Bonnes vacances aux veinards!
*Note pour ceux qui ne suivent pas notre actualité de près: nous fûmes cette année privés de festivités carnavalesques pour des raisons indépendantes de notre volonté; je m'approprie donc le manque de sommeil et les petits nains de certaines de mes connaissances à des fins documentaires. Mes plates excuses et toute ma compassion. En même temps, j'ai jamais promis qu'il serait véridique ou autobiographique, ce blog.
**Toujours pas autobiographique, je précise.
Tels étaient mes états d'âmes pré-reprise. Il faut dire que les vacances d'hiver, si joliment appelées "relâches" dans certaines régions, plus pratiquement désignées par "vacances de Carnaval" sous le soleil, les flocons et les confettis valaisans, compilent en 7 petits jours bon nombre de joies et de peines hivernales.
Je passerai les plaisants détails des dernières chutes de neige (ou comment traduire le langage philippejeanneretien en dialecte du travailleur mécontent : "faibles chutes de neige", ça donne "nontitcheudismoipasquecestpasvrai 15 cm de poudreuse au lever du soleil - fait ch*** - la voiture est encore coincée" ) pour me concentrer sur ce terme de "relâches". Parce que je le cherche toujours, moi, le relâchement. A priori, il n'est ni nerveux ni musculaire.
Nerveusement, il faut se la farcir, la semaine de Carnaval. Bien sûr, tu pourrais goûter à un repos mérité, aller coucher tôt, faire la grasse matinée histoire de récupérer ta bonne humeur légendaire et une patience inébranlable face aux caprices de ta progéniture... Sauf que c'est Carnaval. Donc tu as pluôt guggen, déguisements et confettis au programme. Bière coulant à flots et kebab à la sortie. Manque de sommeil et petits lutins sous l'os frontal (avec ricochets sur les pariétaux, si vraiment tu as fêté en règle*). Autrement dit, dès le 1er jour des vacances, tu te dis que ça va être dur. Parce qu'au lieu de pouvoir sauter sous la couette dès le départ du bus scolaire, histoire de digérer les excès du week-end, tu auras des bambins à occuper. Bambins excités par leurs costumes/les pétards/les confettis/la neige qui tombe. Niveau sonore atteint le lundi matin: 12 sur 10, sur l'échelle de la gueule de bois.
Le mardi, tu emmènes une dernière fois les bambins à un dernier cortège dans un dernier patelin où des chars ont la bonne heure de défiler. Histoire de finir le stock de pétards et de confettis et d'avoir une vraie bonne raison de laver les costumes. Ca sort la marmaille et ça fait une heure ou deux où ils ne réclameront pas la télé/la Wii/une 121e partie de Monopoly Junior. Comme tu te gèles les miches parce qu'il fait toujours moche et froid à Carnaval, tu bois un petit vin chaud pour tenir le coup. Ou deux. Ou trois. Sur le coup des 18h tu abandonnes tes enfants à la première grand-maman disponible pour aller boire du vin moins chaud sous la cantine**. Ou de la Suze. Question de soin des petits nains. Soigner le mal par le mal, qu'il disait.
Le mercredi, tu te sens grosso modo comme le lundi matin quoi. Relâchement nerveux nul. Tolérance aux exclamations successives des blondinets limitée. Mais comme le soleil a pointé le bout de son nez et que le petit ange perché sur ton épaule droite te dit que tes enfants ont bien mérité une sortie neige, tu te motives à reprendre une vie de parent modèle d'enfants scolarisés en vacances. C'est toujours les "relâches". Mouais. Non-relâchement musculaire, je dirais, moi.
Les sports d'hiver, quand tu es enfant, adolescent ou jeune adulte qui squatte chez tes parents, c'est un truc où tu pars le matin, le coeur léger, tu t'assieds dans la voiture chargée au préalable par ton bienfaiteur paternel (auquel tu ne montres d'ailleurs aucune gratitude, après tout, c'est son job de tout charger) et basta. Tu veilles à ne pas oublier tes lunettes de soleil et tes gants et vogue la galère. Les sports d'hiver quand tu es chef de gang, ça s'apparente davantage à l'organisation logistique d'un camp de vacances pour 20 personnes. Inventaires multiples, comptages et recomptages de gants, de casques, de chaussons, de bâtons, de cartes magnétiques; le chargement du matériel de moins d'1m50 au fond du coffre, les bobs par dessus, les chaussures pas trop au fond, les vestes en dernière couche. Escalade maladroite de l'intérieur de la portière arrière, une paire de skis à la main, pour essayer de la mettre sur le toit sans se briser les reins et sans rayer la carrosserie. Bref, quand tout est chargé, blondinets y compris, en tenue adéquate-mais-pas-trop-chaude-pour-pas-suer-dans-la-voiture, tu as déjà fait ton heure de sport quotidienne. Et tes rejetons ne te montrent pas plus de gratitude que tu n'en montrais à l'époque. Au contraire, ai-je envie de dire. Ca râle sur la destination, sur le télésiège non-débrayable, la 3e bosse du haut de la piste rouge... Ca a faim, ça a soif, ça a besoin de faire pipi. Tant pis, y a un moment où il faut ignorer et tourner la clé de contact.
Quand tu arrives sur la destination merveilleusement ensoleillée que tu as retenue pour ses pistes adaptées à l'âge de tes marmots, il s'agit de chausser les bouebs. Plus c'est grand, plus c'est facile. Mais sur un enfant de 2 ans et des brouettes qui chausse du 24, mettre des chaussures de ski, ça équivaut plus ou moins à... non, à rien. Rien de comparable à ce peton pourtant si adorable en temps normal qui là, se cabre, se braque, se recroqueville au moment où tu lui demandes de se tendre pour passer le cap infranchissable du talon de la chaussure. Arriver à mettre une chaussure de ski taille 24 à un pied âgé de 2 ans, c'est à chaque fois remporter un grand Chelem de la cordonnerie.
Une fois tout ton petit monde équipé, tu trouves enfin le temps
Quand tu es enfant, adolescent, ou jeune adulte qui squatte chez tes parents, tu rentres d'une journée de ski fatigué par le grand air, mais heureux. Tu mets sécher tes gants, tu ranges tes lunettes de soleil, tu prends une bonne douche et tu te mets à table pour déguster le bon souper que ta bienfaitrice maternelle a concocté. Quand tu es chef de gang, tu fais rentrer les enfants, tu les mets en collants/sous-pulls le temps de décharger la voiture. Tu luttes pour aligner les gants sur le radiateur. Tu fais 12 allers-retours entre la voiture et la maison pour tout ranger. Tu mets un truc à cuire. Tu mets les enfants au bain, par 1, 2 ou 3. Tu les fais manger. Tu les mets au lit. Et tu t'écroules sur le canapé dans les bras de l'homme qui ne disposait pas de "relâches" en jurant que plus jamais tu n'iras skier seule avec tes 3 enfants. Et tu attends sagement le week-end pour que ton bienfaiteur conjugal sois là, tel un superhéros des sports d'hiver, pour t'aider à charger/décharger/porter/prendre le relais/amener blondinet aux WC/faire la queue à la caisse.
Les "relâches" sont terminées, donc. Au total, on a fait 4 sorties neige, à 4, 5, ou plus. J'ai mal partout. J'ai l'impression d'avoir couru un marathon en portant des sacs de sable comme dans Koh-Lanta, de m'être aplaventrée à l'arrivée et de m'être fait rouler dessus par une dameuse. Et malgré tout, avec le soleil qui a brillé toute la journée par ma lucarne, aujourd'hui, jour d'école pour mes loupiots, jour de grand-maman pour le petit dernier, jour de boulot scotchée à mon ordinateur pour moi, aujourd'hui, j'aurais donné cher pour profiter encore d'une journée sur les pistes avec mes blondinets (bon, avec le superhéros hein, suis pas maso quand même!). Bonnes vacances aux veinards!
*Note pour ceux qui ne suivent pas notre actualité de près: nous fûmes cette année privés de festivités carnavalesques pour des raisons indépendantes de notre volonté; je m'approprie donc le manque de sommeil et les petits nains de certaines de mes connaissances à des fins documentaires. Mes plates excuses et toute ma compassion. En même temps, j'ai jamais promis qu'il serait véridique ou autobiographique, ce blog.
**Toujours pas autobiographique, je précise.
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